Centrafrique : Le gouvernement dénonce un complot contre sa coopération avec Moscou

Paris s’inquiète de la très forte influence de la Russie depuis 2018 sur le régime du président Faustin Archange Touadéra

La présidence centrafricaine a rejeté, dans un communiqué officiel, toutes les accusations portées par une enquête d’investigation sur des exactions présumées menées par des mercenaires russes en République centrafricaine, les qualifiant « d‘allégations diffamatoires, fantaisistes et fallacieuses » a fait savoir l’agence Anadolu sur son site.

La présidence centrafricaine qui nie toute les allégations à l’encontre des mercenaires russes sur son territoire,  évoque un « complot contre les autorités centrafricaines ». La France, qui a gelé son aide budgétaire et sa coopération militaire avec son ancienne colonie accusée d’être « complice » d’une campagne anti-française orchestrée par Moscou. Paris s’inquiète de la très forte influence de la Russie depuis 2018 sur le régime du président Faustin Archange Touadéra, de l’omniprésence de centaines de paramilitaires venus de Moscou mais aussi de l’emprise de sociétés russes sur l’or et les diamants centrafricains.

Une guerre d’influence franco-russe

Moscou dispose aussi de quatre généraux à Bangui et un conseiller de M. Touadéra pour la Sécurité nationale

Bangui à son tour, a estimé que c’est après la tentative du coup d’État manqué du 13 janvier 2021 par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), qu’« une campagne de désinformation et de manipulation, visant à déstabiliser les institutions de la république et à instaurer un régime favorable aux intérêts stratégiques étrangers, a été savamment orchestrée par des responsables habitués et diffusée par une partie de la presse internationale ». Toujours selon les autorités centrafricaines, « la raison de cette campagne de désinformation et de manipulation c’est la reprise de la coopération bilatérale entre la République centrafricaine et la Fédération de Russie, y compris le soutien efficace des instructeurs russes dans les opérations de formation et de reconstruction des FACA (Forces armées centrafricaines) dans les territoires occupés par des groupes armés ».  On assiste à une guerre de positionnement entre les grandes puissances, pour ne pas dire une guerre d’influence franco-russe sur le sol centrafricain.

Pierre Oued.