Centrafrique : Une ONG dénonce un «accord tacite» entre le groupe Castel et des groupes armés

La société Sucaf (Sucrerie africaine de Centrafrique) filiale du groupe français Castel est accusée par une ONG américaine, The Sentry, d’avoir apporté son soutien financier à des groupes armés pendant plusieurs années en échange de la sécurisation de ses activités, selon l’ONG The Sentry. Ce qui a d’ailleurs poussé le direction générale du groupe viticole français Castel a annoncé dans un communiqué, jeudi, avoir « saisi son comité d’éthique » face aux « graves allégations » de l’ONG The Sentry concernant cette affaire.

L’ONG The Sentry, spécialisée dans la traque des financements illicites en zones de conflit, a dénoncé dans un rapport, un « accord tacite » conclu entre une filiale du groupe Castel et l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darassa. Dans sa réaction, le groupe français a annoncé, jeudi 19 août, le lancement d’une enquête après la publication d’un rapport de l’ONG The Sentry sur un soutien financier présumé d’une de ses filiales à des groupes armés en Centrafrique en échange de la sécurisation d’une usine, selon l’agence Anadolu. Ces accusations sont qualifiées par l’entreprise d’allégations graves « .

Diligenter immédiatement une enquête

En effet, selon le rapport publié mercredi 18 août par l’ONG américaine The Sentry, l’affaire concerne la Sucrerie africaine de Centrafrique (Sucaf RCA), filiale de la Société d’organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (Somdiaa), elle-même contrôlée à 87 % par Castel. La négociation de cet « accord tacite » remonte à fin 2014, selon The Sentry. À l’époque, les différents groupes armés présents en Centrafrique contrôlent 60% du territoire. La localité de Ngakobo, dans la préfecture de la Ouaka, où est implantée la Sucaf, filiale du groupe Castel, est aux mains de l’UPC d’Ali Darassa a indiqué RFI. Le rapport révèle qu’elle a « négocié un arrangement sécuritaire » et « tenter de protéger le monopole de la société ». Selon l’agence Anadolu, la milice a aidé à protéger le monopole de l’entreprise, en saisissant « du sucre de contrebande, en particulier en provenance du Soudan » , a ajouté l’ONG précisant que les rebelles recevaient des commissions pour chaque expédition saisie. Et en échange de la sécurisation du site, la Sucaf RCA a mis en place un « système sophistiqué et informel pour financer les milices armées par des paiements directs et indirects en espèces, ainsi que par un soutien en nature sous forme d’entretien des véhicules et de fourniture de carburant », selon The Sentry.
La direction générale de Castel ayant pris connaissance des allégations graves portées, a saisi son comité d’éthique dans le but de diligenter immédiatement une enquête conformément à ses procédures internes indique l’agence Anadolu.

Pierre Oued.

Sources : Agence Anadolu, RFI