Congolais de l’Inde affrontent la police après la mort d’un compatriote

La diaspora africaine de Bengaluru a manifesté son mécontentement ce lundi 2 août 2021 après la mort suspecte d’un étudiant congolais. Selon le journal de l’Afrique, les violences policières et le racisme anti-Noirs inquiètent la communauté africaine en Inde.

Au moins 6 blessés et une douzaine de manifestants africains ont été arrêtés à Bengaluru, en Inde. La diaspora africaine a manifesté ce lundi 2 août contre les violences policières. Elle protestait contre la mort d’un étudiant originaire de la République du Congo, alors qu’il était en détention, a t-on appris sur VOA. Les manifestants réfutent les explications de la police et estiment que le victime, Joël Shindani Malu, arrêté dimanche pour détention de pilules d’ecstasy, est « mort d’un arrêt cardiaque ». Le Congolais de 27 ans a été interpellé brutalement par les policiers et retrouvé mort dans sa cellule le lendemain, d’après le journal de l’Afrique. Joel Shindani Malu « a reçu un diagnostic de bradycardie et les infirmiers ont tenté de le réanimer, mais il est décédé des suites d’un arrêt cardiaque », a assuré la Police . A peine l’information relayée sur les réseaux sociaux, des ressortissants africains ont organisé une manifestation devant le commissariat où Malu est mort. Les manifestants ont été accueillis par de nombreux policiers qui, selon les témoins cité par VOA, les ont attaqués à coups de matraques. Le Bilan fait état d’au moins six blessés, dont deux dans un état critique, et une douzaine d’arrestations. Selon la Fédération panafricaine d’Inde, citée par le journal de l’Afrique, le groupe ayant organisé les manifestations, Joel Malu aurait été battu à mort. Un décès qui serait « la continuité d’une répression policière » de longue date de la part des autorités indiennes.

Racisme à tous les étages

Relaté par nos sources, cela fait plusieurs années que la jeunesse africaine vivant en Inde, pour le travail ou les études, dénonce le racisme dans ce pays. Par ailleurs, le meurtre d’un autre ressortissant congolais, Masonda Ketada Olivier, en 2016, à New Delhi, avait provoqué une crise diplomatique entre l’Inde et plusieurs pays africains. Ketada avait été battu à mort par des habitants de la capitale indienne. Sa mort avait, comme celle de Malu, provoqué des altercations entre des manifestants africains et les autorités policières. Plus récemment, le lynchage de trois Siddi, des Indiens d’origine africaine, s’est produit dans l’Etat du Gujarat, quelques semaines après la mort de George Floyd aux Etats-Unis. Ce qui avait lancé en Inde le mouvement Black Lives Matter.
Oumou KONATE