L’Eclampsie, pré-éclampsie sont des termes méconnus que la plupart des femmes découvrent souvent au moment de la grossesse quand elles y sont confrontées. Responsables d’un tiers des naissances prématurées, ces complications nécessitent un suivi très particulier.
La crise d’éclampsie est une complication grave de la pré-éclampsie. Elle se manifeste par des convulsions, parfois associées à une perte de connaissance, qui dure quelques minutes. Des symptômes proches d’une crise d’épilepsie. L’éclampsie est presque toujours précédée de la pré-éclampsie, une pathologie qui associe une hypertension artérielle à un taux de protéine trop élevé dans les urines (protéinurie). Quand elle est détectée chez une femme enceinte, celle-ci bénéficie alors d’un suivi étroit en milieu hospitalier pour éviter que la pathologie ne conduise à la crise d’éclampsie. La pré-éclampsie menace à la fois la santé de la mère et du bébé. Chez la mère, elle se manifeste le plus souvent par une hypertension. Un retard de croissance est cependant observé chez le bébé.
Une complication rare
Sur le site d’information femmeactuelle.fr, dans l’article intitulé “Crise d’éclampsie : une complication redoutée durant la grossesse” on note que c’est au cours du 2e trimestre de la grossesse que la pré-éclampsie peut se manifester, et ce jusqu’à la naissance de l’enfant, voire même dans les deux mois qui suivent. Selon cette source, 3% des femmes enceintes développent une pré-éclampsie, 0,5% une forme grave incluant la crise d’éclampsie. Cette pathologie survient le plus souvent au cours de la première grossesse. En cas de changement de partenaire, ce syndrome peut de nouveau se manifester car il s’agit d’un problème d’immunité de la mère aux antigènes du père. Le risque augmente aussi chez les plus de 35 ans. La pré-éclampsie est aussi plus fréquente chez les personnes obèses, atteintes du diabète, d’une maladie du sang comme le lupus ou également en cas de grossesses multiples. Le terrain génétique contribue aussi à la survenue de la maladie.
Les signes qui doivent alerter

Les œdèmes constituent certains de ces signes. Par exemple, la femme enceinte n’arrive plus à mettre ses bagues et ses pieds enflent. L’hypertension artérielle survient souvent sans signes apparents. Certains symptômes peuvent alerter. Il s’agit entre autres des maux de tête, des troubles visuels, des douleurs abdominales. Dans une étude publiée le 25 novembre 2015, intitulée “L’éclampsie au CHU-Yalgado de Ouagadougou (Burkina Faso) du 1er avril 2013 au 31 mars 2014”, il ressort que, sur le plan sociodémographique, les patientes étaient des femmes au foyer dans 62,5 % des cas et 47,7 % des patientes vivaient maritalement. Sur le plan clinique, elles étaient référées dans 72,4 % des cas et avaient été admises initialement dans le service pour élévation des chiffres tensionnels dans 40,3 % des cas. L’âge gestationnel moyen était 31,5 semaines d’aménorrhée, la pression artérielle diastolique était supérieure à 110 mm Hg dans 63,1 % des cas. Sur le plan thérapeutique toutes les patientes ont bénéficié d’un traitement anticonvulsivant à base de sulfate de magnésium et d’un traitement antihypertenseur soit à base de nicardipine, de clonidine ou d’alpha méthyl-dopa. Le pronostic maternel a été marqué par une morbidité dans 46 cas (22,6 %) et une mortalité chez 13 patientes soit un taux de létalité de 6,4 %. Celui foetal a été dominé par un taux de létalité périnatale de 31,5 %. L’éclampsie constitue une cause majeure de mortalité maternelle et périnatale au CHU-YO selon cette étude. L’adoption des différentes stratégies de dépistage pendant les consultations prénatales et de prise en charge précoce devrait contribuer à une réduction du taux de mortalité dans le couple mère-enfant au Burkina Faso.
Pour le moment il n’existe pas de traitement pour venir à bout de la pré-éclampsie, mise à part l’arrêt de la grossesse. Si le diagnostic est fait précocement, cela permet de réduire les risques de complications.
Oumou Konaté




















