Selon des sources dignes de foi, Assimi Kouanda a rendu l’âme ce mardi 1er juin 2021 à l’âge de 64 ans, dans la capitale ivoirienne. En exil depuis octobre 2014 en terre d’Eburnie depuis la chute de son mentor Blaise Compaoré, le dernier directeur de campagne de Compaoré n’était plus retourné au bercail depuis lors. Bref retour sur le parcours de cet homme qui a marqué le dernier quinquennat du président déchu.
Né le 31 décembre 1956, l’homme que bon nombre de burkinabè pleurent aujourd’hui devait souffler sur sa 65ème bougie le jour de la saint Sylvestre de cette année 2021. Mais les voies du Seigneur étant insondables, le regretté a rendu son dernier souffle loin de son pays, le Burkina Faso. La plupart des burkinabè firent sa connaissance en 2010 lorsqu’il fut nommé directeur de la campagne de Blaise Compaoré. L’activisme de l’homme pour le président d’alors lui fera gravir les échelons au sein de l’ex parti au pouvoir et du gouvernement d’alors. En mars 2012, à l‘issue d’un congrès de l’ex parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), Assimi Kouanda fut porté à la tête du parti en tant que Secrétaire exécutif. Contre vents et marées, ce dernier fera sienne la bataille pour la modification de l’article 37 de la constitution qui devait sauter le verrou de la clause limitative de mandats présidentiels. En réalité, cette modification n’avait d’autre objectif que d’accorder un nouveau bail à l’ancien locataire du palais de Kosyam. Cette volonté ayant buté à un refus du peuple burkinabè, le 30 octobre 2014, jour du vote de la loi controversée, les domiciles des caciques du régime et des édifices publics seront saccagés, pillés puis incendiés. Assimi Kouanda, qui a vu son domicile du quartier Zogona être incendié, va prendre le chemin de l’exil comme son mentor. Depuis leur départ en 2014, le regretté faisait rarement d’apparition publique. Sa dernière en date l’a été lors de l‘anniversaire de l’ex président, en février 2021. Dans une vidéo amateur, on le voyait aux côtés de l’ex couple présidentiel.
La disparition de Assimi Kouanda intervient au moment où le débat sur la réconciliation nationale particulièrement sur l’équation du retour des exilés politiques fait rage au Burkina Faso. Pour certains, la réconciliation doit se faire tout de suite et maintenant. Mais pour d’autres, elle ne doit pas se faire sous l’autel de l’impunité. Ces derniers semblent favorables au retour des exilés politiques mais par assorti du passage préalable à la case justice et vérité. Le départ de cet illustre homme vient une fois de plus interpeller la conscience commune des burkinabè et la nécessité pour les autorités d’activer le processus de la réconciliation pour qu’un exilé politique ne meurt encore à l’étranger par crainte d’un «lynchage judiciaire» en cas de retour au pays natal. Et pour cela, le ministre Zéphirin Diabré semble avoir du pain sur la planche.
Abdoul Karim TAPSOBA




















