Déclaration de politique générale : L’appel au sursaut patriotique de Christophe Marie Joseph Dabiré

Le Premier ministre a appelé à l’union sacrée des Burkinabè

Le nouveau Premier ministre burkinabè, Christophe Marie Joseph Dabiré, était face à l’Assemblée nationale le lundi 18 février 2019 pour sa déclaration de politique générale (DPG). Cinq grands points, parmi lesquels la lutte contre l’insécurité et l’« exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale vont guider l’action gouvernementale. Gorge nouée d’émotions, M. Dabiré a appelé à l’union sacrée de ses compatriotes pour relever les défis qui se présentent à eux.
Nommé le 21 janvier 2019, le Chef du gouvernement Christophe Dabiré avait trente jours, selon l’article 63 de la Constitution burkinabè pour prononcer sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Le 18 février 2019, il a dévoilé sa feuille de route en cinq grands points. Ce sont entre autres : le devoir de relever les défis sécuritaires, l’exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale, l’obligation d’instaurer une gouvernance plus vertueuse, la nécessité de renforcer le développement du capital humain et la volonté de dynamiser l’économie. Depuis plus de trois ans, le pays des Hommes intègres fait face à des attaques terroristes qui ont fait de nombreux décès parmi les éléments des forces de défense et de sécurité et les populations civiles. Selon Christophe Dabiré, pour arriver à bout de l’hydre terroriste, il faut d’abord l’union sacrée de tous les Burkinabè̀, « comme un seul homme pour repousser l’ennemi commun ». Ensuite le Premier pense qu’il faut solliciter l’appui de la communauté internationale dans ce sens que le terrorisme est un phénomène mondial mais, affirme-t-il, « le Burkina Faso doit d’abord compter sur ses propres forces pour ne pas prendre le risque de s’abandonner dans l’indolence du sommeil sur la natte d’autrui et faire lâchement l’option de périr sans gloire : « nan lara, an sara ! », comme le disait si bien feu le Professeur Joseph KI-ZERBO ». Il a, par ailleurs, indiqué que son gouvernement apportera toutes les ressources nécessaires à l’amélioration des actions des forces armées nationales et des forces de sécurité́ intérieure sur le terrain. S’agissant de la cohésion sociale, les Burkinabè ont en mémoire les affrontements de Yirgou dans le Centre-nord qui ont mis à mal le vivre ensemble des populations. Tout en condamnant « ces évènements malheureux, horribles et inacceptables que rien ne justifie », le Premier ministre a déploré le comportement de certaines personnes que la charge émotionnelle a parfois conduit à des débordements inconsidérés dans les propos et dans les actes de « nature à exacerber les contradictions dans nos villes et dans les compagnes. Il a promis l’accompagnement de son gouvernement pour que justice soit rendue dans cette affaire. M. Dabiré a aussi sollicité l’accompagnement des autorités coutumières et religieuses pour un retour au calme et à la sérénité́ dans les localités concernées, mais également pour prévenir d’éventuels conflits dans les communautés. Le chef du gouvernement a pris l’engament devant les représentants du peuple à renouer le dialogue avec les syndicats et a appelé ces derniers à une trêve sociale et éviter la « surenchère » dans leurs revendications. Alors que son discours s’acheminait vers la fin, Christophe Marie Joseph Dabiré, la voix rouée d’émotions, n’a pas pu retenir ses larmes lorsqu’il appelait ses compatriotes à faire en sorte que le « Burkina Faso redevienne le pays des Hommes intègres ». « C’est ensemble, unis et réconciliés avec nous-même, dans un devoir de vérité, que nous contribuerons comme un seul homme, à changer la réalité dans le sens profond de notre rêve de paix et de prospérité », a-t-il difficilement martelé avant que le président de l’Assemblée nationale l’invite à mettre fin à sa déclaration.

Auguste Don de Dieu