Depuis 1980, les mines terrestres font des ravages au Zimbabwé

Plus de 42 600 mines ont été détruites au Zimbabwe depuis l’indépendance

Une organisation locale de personnes handicapées (PWD) a exhorté le gouvernement à compiler une base de données des personnes blessées par des explosifs pendant la guerre de libération. Surtout dans les communautés à la frontière du Zimbabwe avec le Mozambique, afin que les victimes soient assistées par l’État.

Pendant la guerre de libération du pays, dans les années 1970, l’armée rhodésienne a posé d’énormes champs de mines pour empêcher les combattants de la liberté de quitter ou d’entrer dans le pays pour mener la guerre de libération, a précisé New Zimbabwe.com.

Cette stratégie de guerre, de l’armée rhodésienne blanche, a créé de nombreuses victimes, notamment dans le district de Chipinge, désigné par l’Association des quadriplégiques et paraplégiques du Zimbabwe (QUAPAZ), comme l’un des districts du pays comptant le plus élevé nombre de personnes handicapées, victimes de mines terrestres et d’autres restes explosifs d’engins de guerre dans le Zimbabwe d’après l’indépendance, a rapporté notre source. Pendant ce temps, le Zimbabwe Mine Action Center (ZIMAC) a affirmé que le gouvernement du Zimbabwe, avec l’aide de partenaires, a réussi à réduire la contamination par les mines terrestres à un peu plus de quarante kilomètres carrés à la fin de 2019 dans le district de Chipinge. L’un des partenaires, l’ambassade des États-Unis à Harare, à travers son ambassadeur, a indiqué, selon NewZimbabwe.com que le soutien au déminage humanitaire au Zimbabwe a détruit plus de 42 600 mines terrestres et a également restauré des milliers de kilomètres carrés de terres à un usage productif.

Le président de QUAPAZ, Bernard Madzivire, quant à lui, a déclaré à NewZimbabwe.com dans une interview, que les communautés le long de la frontière Zimbabwe/Mozambique ont le plus grand nombre de personnes handicapées sans papiers.

« Grâce à notre engagement avec les communautés des districts de Chipinge, nous avons réalisé qu’en raison des mines terrestres, il y avait de nombreuses personnes handicapées le long de la frontière et qu’elles étaient exclues de l’aide humanitaire et de la réponse en cas de catastrophe », a-t-il déclaré.

« Il est nécessaire de sensibiliser dans ces domaines afin que les personnes handicapées soient conscientes de leurs droits et soient confiantes de s’exprimer lorsque leurs droits sont bafoués. Le gouvernement doit s’assurer que la loi soit appliquée afin que la société commence à reconnaître les droits des personnes handicapées », a déclaré le chef d’équipe QUAPAZ.

Madzivire a exhorté le gouvernement à compiler une base de données des personnes devenues handicapées à cause des restes explosifs d’engins de guerre dans les communautés le long de la frontière entre le Zimbabwe et le Mozambique, notant qu’elle sera utile pour favoriser l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide et les réponses humanitaires.

« Ces communautés le long de la frontière sont vulnérables aux catastrophes naturelles, mais de nombreuses personnes handicapées ne sont pas documentées. Nous voulons que les agences gouvernementales encouragent les partenaires à inclure les personnes handicapées dans leurs programmes et leurs réponses humanitaires », a ajouté Madzivire.

En rappel, plus de 1 500 personnes ont été tuées ou mutilées par des mines terrestres tandis que plus de 120 000 têtes de bétail ont péri depuis l’indépendance, en 1980.

Lucien DAKISSAGA