Des jeunes veulent «sauver le Burkina»

Le 13 novembre 2021, le Mouvement populaire Sauvons le Burkina Faso (MPSB) a animé un point de presse à Ouagadougou. La situation sécuritaire du pays a largement été au cœur des échanges entre les conférenciers et les Hommes de médias.

Au détour d’une conférence tenue le week-end dernier dans la capitale burkinabè, les membres du Mouvement populaire Sauvons le Burkina Faso ont dressé l’état des lieux de la gouvernance actuelle. «Le peuple est meurtri par cette ribambelle d’attaques et par l’absence d’une riposte sérieuse à ces obscurs êtres qui sèment la consternation dans nos campagnes», a lancé d’emblée Marcel Tankoano, porte-parole du mouvement. Pour celui-ci, cette insécurité dans laquelle vit le pays trouve son origine dans la gouvernance politique du régime en place. «C’est un truisme que de dire que les problèmes de sécurité sont en partie liés à une mal gouvernance, terreau fertile sur lequel reposent le plus souvent le terrorisme, le crime organisé, le trafic des stupéfiants et le commerce illicite», a-t-il déploré.

          L’appel à la désobéissance civile ?

Pour les conférenciers du jour, le pouvoir en place brille également par son incapacité, au plan social, à faire face à la vie chère, à résorber les difficultés liées à l’éducation et au plan politique par sa lenteur à s’engager véritablement dans le processus de réconciliation. A les entendre, les problèmes ci-dessus cités semblent ne pas être les soucis majeurs de la classe politique qui, de leur avis, est plus préoccupée par l’organisation des élections locales (municipales de 2022, ndlr). Face à cette situation, le MPSB appelle tous les Burkinabè à sortir de leur léthargie et à s’engager dans la lutte. «Nous avons l’obligation de prendre nos responsabilités pour poser des actions tangibles visant à contribuer efficacement à l’émancipation de nos populations», ont déclaré les conférenciers avant de confier que «devant la misère de nos populations et l’absence d’espérance, nous avons décidé de sauter le pas». C’est pourquoi cette organisation de la société civile exige du gouvernement burkinabè un examen rapide des maux qui minent le quotidien des populations, faute de quoi il se réserve le droit d’appeler à une désobéissance civile, disposition prévue à l’article de la loi fondamentale du pays.

Abdoul Karim TAPSOBA