Dans un rapport publié le 15 avril 2021, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s’est alarmé du manque de transformation de la noix de cajou par les principaux pays producteurs africains. Le secteur de noix de cajou a besoin de plus de structuration pour la transformation du produit sur place.
La production de noix de cajou en Afrique a connu une hausse ces dix dernières années. Mais le continent connaît toujours un retard d’industrialisation pour la transformation de ces matières premières sur place. Ce problème touche le secteur de noix de cajou qui a besoin d’être industrialisé pour jouer aussi son rôle de réducteur de pauvreté.
Selon l’Agence Ecofin à l’heure actuelle, la majorité de la production africaine de noix de cajou est exportée sous forme brute vers l’Asie qui traite 85% de l’offre mondiale d’or gris avec en tête l’Inde et le Vietnam. A côté de l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord surclassent également le continent africain en termes de valeur ajoutée à travers des activités comme la torréfaction, le conditionnement et la vente au détail.
« En 2018, par exemple, le prix à l’exploitation des noix de cajou de l’Inde vers l’Union européenne (UE) était environ 3,5 fois plus élevé que celui payé aux producteurs ivoiriens de noix de cajou soit une différence de prix de 250%. Et après une deuxième étape de transformation dans l’UE, le prix des noix de cajou était environ 2,5 fois plus élevé que lorsqu’elles étaient exportées depuis l’Inde soit environ 8,5 fois plus qu’à la sortie de la ferme en Côte d’Ivoire » souligne la CNUCED cité par l’Agence Ecofin.
Selon l’organisation, la mise en place d’un environnement des affaires offrant de faibles coûts d’opération et permettant d’accéder facilement aux marchés d’exportation sera ainsi une des clés pour le développement de l’industrie.
A cela s’ajoute, le renforcement de la qualité des noix produites localement et la stabilité de l’approvisionnement pour les transformateurs.
Par ailleurs la CNUCED indique que : « La traçabilité, la transparence et la durabilité des chaînes d’approvisionnement alimentaire deviennent de plus en plus importantes pour les consommateurs et les fournisseurs. Cela pourrait profiter aux transformateurs africains qui peuvent répondre aux normes de qualité et de sécurité alimentaires de plus en plus strictes sur les marchés mondiaux.,Ils pourraient profiter de la demande croissante en produits biologiques qui, dans l’UE, par exemple, a augmenté de 121% entre 2009 et 2019 », ajoute l’organisme onusien dans son rapport cité par l’Agence Ecofin.
Pour rappel, l’Afrique fournit 50% de la récolte mondiale avec une production estimée à environ 2,1 millions de tonnes de noix de cajou en 2020 et produit des revenus à environ 3 millions de petits exploitants agricoles à l’état brut.
Dakissaga Kiswendsida Lucien



















