Ethiopie: Les autorités suspendent un média réputé

En Éthiopie, l’autorité de régulation des médias a annulé, le jeudi 15 juillet 2021, la licence du Addis Standard, l’une des dernières publications indépendantes du pays, dans un contexte de plus en plus répressif, marqué par la guerre du Tigré.

L’autorité de régulation des médias reproche au Addis Standard d’avoir utilisé l’appellation « forces de défense tigréennes » pour qualifier la rébellion qui a repris Mekele il y a deux semaines, a indiqué RFI. Elle accuse le média, par cette acte d’avoir « défendu l’agenda d’un groupe terroriste». Cette suspension vient donc mettre sous pression, les autres organes de presse encore en activité et les correspondants de la presse étrangère. Dans un communiqué d’explication de la suspension du Addis Standard, l’autorité laisse entendre qu’ : « Avec la liberté, vient la responsabilité et la nécessité de rendre des comptes ».

La suspension du Addis Standard est indéniablement un coup sévère, pour ce site d’informations. Respecté, Addis Standard était l’un des mieux sourcés du paysage médiatique éthiopien, avec un suivi équilibré des procès d’opposants, de la situation sur les lignes de front ou des évolutions de la société éthiopienne, rapporte RFI. Suite à cette décision, Amnesty International a publié, le vendredi 16 juillet 2021, un rapport détaillé sur les arrestations de civils tigréens qui se sont multipliées depuis la prise de Mekele, le 28 juin dernier. D’anciens détenus ont certifié que les commissariats sont pleins de gens parlant le tigrinya et que les autorités ont ordonné des rafles massives de Tigréens, dans la rue et sur leur lieu de travail.

Suite à ces révélations, la commission éthiopienne des droits de l’homme, a appelé le gouvernement, selon RFI, à « libérer d’urgence toutes les personnes détenues sans base légale suffisante». Elle a aussi dénoncé, les meurtres et les enlèvements des personnes accusées d’être des opposants à la rébellion tigréenne dans les territoires repris à l’armée, notamment ceux des réfugiés érythréens.

Roseline BADO