Éthiopie : Les rebelles du Tigré accusent l’UA de « partialité »

Dimanche 29 août 2021, les rebelles tigréens ont accusé l’Union africaine (UA) de « partialité ». Cette accusation fait suite à la désignation par l’organisation panafricaine d’un médiateur dans ce conflit qui déchire le nord de l’Éthiopie depuis près d’un an.

Pour les rebelles tigréens, résoudre une crise requiert au moins la reconnaissance de l’existence, sinon de l’importance, d’un problème. Ces derniers ont du mal à comprendre la nomination d’un médiateur dans le conflit par l’Union africaine (UA), une organisation qui selon le porte-parole des rebelles Getachew Reda, cité par Jeune Afrique “a donné tout son sens au mot partialité”. En effet, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo vient d’être nommé comme représentant de l’UA dans la Corne de l’Afrique avec pour mission de « promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le dialogue politique ». Il avait déjà mené une mission d’observation pour l’Union Africaine lors des élections menant les partisans du Premier ministre éthiopien d’Abiy Ahmed à la victoire en juin dernier. Le porte-parole des rebelles a déclaré sur Twitter qu’il serait naïf de penser que cette mission puisse marcher.

L’UA dans une position délicate

Si les rebelles tigréens voient un échec de la médiation de l’UA dans la crise, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a quant à lui refusé à plusieurs reprises les propositions de médiations avec les leaders tigréens. Pour le Premier ministre, il ne s’agit que d’une « opération limitée de maintien de l’ordre », a rapporté Africanews. Au sein de l’organisation africaine, le sujet est délicat. Les alliés de l’Éthiopie ont empêché toute discussion sur le sujet au Conseil de sécurité des Nations unies.

Par ailleurs, fin juin 2021, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l’essentiel du Tigré et poussé dans les régions limitrophes de l’Amhara et de l’Afar pour mettre fin à ce qu’elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré et pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

Selon l’ONU, le conflit a déjà placé quelque 400 000 personnes dans une situation proche de la famine.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a, à plusieurs reprises, refusé la médiation de l’UA dans le conflit du Tigré

Source: Jeune Afrique; Africanews

Line Rose