Ethiopie : Selon l’ONU les troupes somaliennes ont pris part à la guerre du Tigré

Un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, sur la situation des droits de l’homme en Erythrée, a indiqué lundi qu’il y avait des informations crédibles que des soldats somaliens ont été retirés de leurs camps d’entraînement et emmenés sur la ligne de front au Tigré.

D’après les révélations faisant suite à des plaintes antérieures formulées, certaines familles somaliennes, ont affirmé  que leurs proches avaient été recrutés dans l’armée et n’avaient plus jamais entendu parler d’eux. Les affirmations ajoutent aux inquiétudes de la participation de l’armée érythréenne au Tigré, que les groupes de défense des droits de l’homme accusent d’atrocités.  Mohamed Abdelsalan Babiker, le rapporteur spécial de l’ONU  a déclaré à Nation Africa avoir reçu des informations indiquant que des soldats somaliens avaient été enrôlés sur le front.« En plus des informations faisant état de l’implication de troupes érythréennes dans le conflit du Tigré, le Rapporteur spécial a également reçu des informations et des rapports selon lesquels des soldats somaliens ont été déplacés des camps d’entraînement militaire en Érythrée vers la ligne de front au Tigré.« Il est également rapporté que des combattants somaliens étaient présents autour d’Axoum. »

La version  de Mogadiscio

Le processus de retrait des troupes érythréennes d’Éthiopie a commencé

Officiellement, le gouvernement fédéral somalien nie avoir participé au conflit du Tigré, où les forces de défense nationale éthiopiennes combattent le Front populaire de libération du Tigré depuis novembre de l’année dernière, lorsque le TPLF aurait attaqué un commandement nord de l’ENDF. Mogadiscio a estimé que  le conflit du Tigré était  une affaire politique interne. Mais il n’a jamais expliqué aux familles où sont allés leurs fils. Un comité du Parlement fédéral somalien avait initialement demandé des réponses sur l’arrangement entre l’Erythrée et la Somalie pour former l’armée de Mogadiscio. Malgré les démentis, le rapport pourrait maintenant confirmer le Tigré comme un conflit régional, plutôt que comme un problème politique interne.

Retrait des troupes  

La semaine dernière, le gouvernement éthiopien a indiqué que les troupes érythréennes se retireraient du Tigré, plus de deux mois après la montée des pressions sur Addis-Abeba pour le départ des troupes étrangères. « Le processus de retrait des troupes érythréennes d’Éthiopie a commencé », a déclaré  vendredi le ministre éthiopien de la Défense, Kenea Yadetta, lors d’un forum virtuel organisé par le ministère des Affaires étrangères. Il n’était pas clair si les troupes somaliennes, qui s’étaient entraînées à Asmara au début de la guerre, avaient déjà quitté le Tigré. En vertu de la loi somalienne, la participation de l’armée à une guerre étrangère doit être autorisée par le Parlement fédéral. Néanmoins, cela pourrait également soulever la question de savoir si la Somalie qui est en train de reconstruire son armée et sous un embargo sur les armes du Conseil de sécurité de l’ONU, devrait participer à des guerres étrangères. Le rapport affirme que le conflit au Tigré a aggravé les tensions ethniques et créé « une immense crise humanitaire » où neuf personnes sur dix sont confrontées à la famine. Au moins 4,5 millions de personnes, la plupart de la population du Tigré  ont un besoin urgent de nourriture et d’autres formes d’assistance, selon  l’ONU.

K.Fiakofi