Exécutions extrajudiciaires au Soudan du Sud: 42 morts (ONU)

Les Nations Unies ont exigé, le lundi 26 juillet 2021, la fin des exécutions extrajudiciaires au Soudan du Sud, après l’exécution “macabre” d’au moins 42 personnes, accusées d’activités criminelles, sans accès à un procès équitable.

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a exhorté les autorités locales et nationales à mettre fin aux exécutions extrajudiciaires, après la mort d’au moins 42 personnes, accusées d’activités criminelles, sans accès à un procès équitable, selon le point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU.

Selon, un rapport de l’ONU, « certaines victimes ont été exécutées devant leurs familles et d’autres laissées attachées aux arbres, dans une vague de lynchages horribles, dans un pays où la gouvernance pacifique est restée insaisissable au lendemain de la guerre civile”.

Depuis mars, les enquêteurs des droits de la MINUSS ont documenté le meurtre de 29 criminels accusés à Warrap, un État du nord-ouest, en proie à un conflit meurtrier entre groupes ethniques rivaux. «Des témoins oculaires ont rapporté que certains hommes ont été emmenés dans des zones reculées, attachés à des arbres et exécutés par un peloton d’exécution” a déclaré la MINUSS dans un communiqué. “Dans certains cas, leurs corps auraient été laissés sur les arbres comme exemple pour la communauté” », a-t-elle ajouté. Selon toujours l’ONU, 13 autres personnes avaient été sommairement exécutées en mi-juin, sur instruction de responsables locaux, dans les États des Lacs, une région centrale sujette aux conflits.
« Les personnes accusées de crimes ont droit à un procès équitable dans le cadre d’un processus judiciaire formel et ne devraient pas être soumise, au jugement aléatoire du gouvernement ou des chefs traditionnels », a déclaré Nicholas Haysom, envoyé spécial de l’ONU au Soudan du Sud, dans un communiqué. « L’ONU a demandé au ministère de la Justice du Soudan du Sud d’enquêter et de poursuivre les responsables et a fait part de ses préoccupations directement aux responsables locaux des deux États” a poursuivi Haysom.

En rappel, le Soudan du Sud, éprouvé par la guerre civile, deux ans après son indépendance en 2011, est aux prises avec l’anarchie et la violence inter-ethnique.

K.Fiakofi