À quelques heures de la fête de la Tabaski ou celle du mouton qui se tiendra le 20 juillet 2021 au Burkina, Ouagadougou capitale du pays se prépare à sa manière. Dans les marchés et autres lieux de commerce où nous sommes passés, les populations s’activent même si cela est relativement timide.
Dimanche 18 juillet 2021, il est 10h quand nous arrivons au marché de Dassasgho. La Tabaski c’est dans moins de 48 heures mais le monde que nous avons trouvé sur place n’est pas celui de veille de fête. Les marchands ambulants et quelques clients vont et reviennent. Interrogée, une vendeuse du nom de Safiata nous confie que la clientèle n’est pas celle des grands jours. Elle en veut pour preuve le fait que les clients ne se bousculent pas comme à l’approche de fête des années précédentes. Un tour chez les bouchers, un silence assourdissant nous accueille loin de la cacophonie qui y règne en pareille circonstance. Vers 11 heures nous quittons le marché de Dassasgho, direction marché de bétail de circonstance de l’arrondissement 10 de la capitale. Il faut rappeler qu’avec les mesures des autorités contre les points illégaux de vente d’animaux, chaque maire d’arrondissement a aménagé dans son ressort territorial, un lieu pour la vente de bétail. Arrivé sur ces lieux, les vendeurs nous accueillent avec une joie immense pensant que nous étions des clients. Leur déception était perceptible quand ils ont découvert le motif de notre présence dans ces points de vente. Assami, un vendeur nous fait savoir que depuis leur délocalisation sur le nouveau site, leur clientèle s’est dispersée. <>, précise notre interlocuteur. Ce dernier n’a pas manqué aussi de pointer du doigt la rareté du bétail causée en partie par le déplacement des populations suite aux menaces terroristes à l’Est et au Nord du pays. Partout où notre équipe est passée, le constat est le même : la fête se prépare timidement. Et ce même au niveau des salons de couture et coiffure en passant par les débits de boissons. Le moins que l’on puisse dire est que cette fête se tient dans un contexte où le pays est secoué par de multiples attaques terroristes très meurtrières et c’est tout à fait logique que la population n’ait pas la tête à faire la fête.
Abdoul Karim TAPSOBA (Stagiaire)


















