Gambie: Les députés votent pour maintenir l’interdiction du blanchiment de la peau

La Gambie dit non à l’utilisation des produits éclaircissants

Les députés gambiens ont rejeté lundi 22 mars 2021, une proposition du gouvernement visant à lever l’interdiction des produits éclaircissants pour la peau, qui sont largement utilisés dans toute l’Afrique.

En Afrique , s’il y a un phénomène qui a la peau dure, c’est la dépigmentation de la peau. C’est une pratique répandue dans le monde comme l’Asie du Sud et le Moyen-Orient, et est particulièrement populaire chez les femmes. Mais il est controversé, de nombreuses personnes faisant valoir que le phénomène est un héritage toxique du colonialisme et que les agents de blanchiment utilisés pour éclaircir la peau présentent des risques pour la santé. En Gambie depuis 1996 l’ancien président Yahya Jammeh, avait interdit la pratique . Cette loi interdit l’importation de produits éclaircissants et punit les importateurs d’une amende de 30 000 dalasis (490 euros). L’amende frappant les usagers est de 5 000 dalasis. Son successeur Adama Barrow a cherché à lever l’interdiction du blanchiment de la peau l’année dernière, arguant qu’il discriminait les femmes. Le texte qui visait à abroger la loi est l’initiative du gouvernement de M. Barrow. Lors de sa présentation au Parlement, mi-2020, le député Halifa Sallah avait jugé le texte nécessaire pour que des hommes cessent d’abuser des femmes en menaçant de les dénoncer parce qu’elles se seraient éclaircies la peau.

« Si la loi est maintenue et que nous l’appliquons, c’est vous les parlementaires qui allez nous demander de ralentir le rythme, parce que nous allons faire de nos fils et de nos filles des criminels. C’est un problème social , la loi n’est pas la solution », a déclaré à l’AFP, la semaine dernière, le ministre de la justice, Dawda Jallow. Cependant, lundi, plusieurs législateurs ont plaidé en faveur du maintien de l’interdiction, invoquant des raisons de santé ou religieuses. “Les produits chimiques utilisés dans la production de crèmes décolorantes pour la peau sont dangereux pour la santé humaine”, a déclaré à l’AFP Momodou Camara, un député, à l’assemblée. Vingt-trois députés ont voté pour le maintien de l’interdiction, et 10 ont voté pour l’abroger.D’autres députés n’étaient pas présents dans l’hémicycle où se sont abstenus de voter .L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre le blanchiment de la peau car il peut endommager le foie et les reins, provoquer des psychoses, des lésions cérébrales chez les fœtus ainsi que des cancers.

K.Fiakofi