Ghana : Le pays se prépare à faire face aux attaques terroristes qui affectent déjà la sous-région

L’expérience sahélienne prouve que pour prévenir la contagion jihadiste, la réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire mais aussi instaurer un cadre de dialogue au niveau communautaire

L’insécurité liée aux attaques terroristes  au Sahel a fini par inquiéter les pays du Golf de guinée en Afrique occidentale. La présence la plus proche de ces pays de ces cellules terroristes qui se trouve être au sud du Burkina Faso inquiète les États frontaliers que sont le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Ghana. C’est ainsi que le Ghana approfondit sa coopération militaire avec Paris. Une quarantaine de soldats issus des unités d’élite du pays viennent de suivre une formation au combat urbain, dispensée par les Éléments français stationnés au Sénégal (EFS),  selon RFI.

Un groupe de soldats a bénéficié d’une formation des Éléments français au Sénégal (EFS), qui sillonnent la région avec pour mission de faire partager leur savoir-faire opérationnel. Le stage grandeur nature de deux semaines s’est déroulé à Asutsuare, à une centaine de kilomètres d’Accra, la capitale ghanéenne, selon RFI qui a pu suivre le stage final.  

Dès 2017, le Ghana et ses voisins francophones avaient lancé l’Initiative d’Accra

La montée du terrorisme est une menace qu’il faut anticiper selon le sergent-chef Delali des forces armées ghanéennes

Il faut noter que la coopération en matière de défense est récente entre le Ghana et la France. Et si le Ghana n’a jamais été visé sur son sol,  le risque cependant est réel et les autorités en sont conscientes. En effet, des commandos ghanéens ont déjà été engagés sur la frontière Nord de leur pays ou dans des opérations de maintien de paix de l’ONU, au Mali ou au Liban. Ils savent que demain leur Ghana pourrait être confronté à une attaque jihadiste. Dès 2017, le Ghana et ses voisins francophones notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et Togo avaient lancé l’Initiative d’Accra, un mécanisme destiné à renforcer la coopération. « Les terroristes sont à nos portes et ne nous ne sommes pas confrontés à la menace d’une guerre conventionnelle. La priorité doit être le partage de renseignements avec nos voisins. Nous sommes tous concernés, nous devons échanger les informations. Cela fonctionne, mais cela pourrait être amélioré », estime le lieutenant-colonel Luri, adjoint du conseiller Forces spéciales à l’état-major des armées ghanéennes.

Pierre Oued.