Guinée: Un responsable du FNDC condamné à trois ans de prison ferme

Oumar Sylla, alias Foniké Mangué a été condamné à trois mois de prison ferme

La Cour d’appel de Conakry a condamné jeudi 10 juin, à trois ans de prison ferme un opposant au président Alpha Condé, poursuivi notamment pour « diffusion de fausses nouvelles et attroupement illégal » lors du grand mouvement de contestation contre un troisième mandat du chef de l’Etat guinéen.

Détenu depuis près d’un an, la Cour d’appel de Conakry a finalement  condamné à trois ans d’emprisonnement le sieur Oumar Sylla, alias Foniké Mangué, a rapporté Africa Radio. Ce dernier était initialement poursuivi dans deux affaires devant deux tribunaux distincts, notamment pour « diffusion de fausses nouvelles et menaces de mort » , et pour « attroupement illégal non armé, participation à une manifestation interdite et trouble à l’ordre public » , selon notre source.

Il avait été relaxé le 11 janvier dans la première affaire mais le Parquet avait fait appel. Dans la deuxième affaire, il avait été condamné le 28 janvier à 11 mois de prison, et avait fait appel. Les deux affaires avaient finalement été jointes par la Cour d’appel. Selon Africa Radio, lors de son procès en appel, M. Sylla n’a pas daigné répondre aux questions du procureur qui lui demandait s’il reconnaissait avoir dit sur une radio privée que M. Condé « est un dictateur, un sanguinaire, un tueur » ou avoir « demandé à la foule de faire un assaut final sur les institutions ».

A noter que cette condamnation a suscité des réactions au sein des partisans de Oumar Sylla. En effet une trentaine de partisans de l’opposant ont manifesté leur réprobation dans la salle et aux abords de la Cour d’appel, dans le centre de Conakry, en scandant des slogans comme « Justice corrompue », « Abus de 3e mandat » ou encore « Alpha Condé zéro », a déclaré un correspondant de l’AFP cité par notre source.

En rappel, M. Sylla est le responsable de la mobilisation du FNDC, coalition de partis, de syndicats et d’organisations de la société civile qui a mobilisé pendant des mois à partir d’octobre 2019 contre un troisième mandat du président Condé. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, avait occasionnée des dizaines de morts.

Roseline BADO