La CEDEAO impose des sanctions aux dirigeants maliens et Guinéens

Dimanche 07 novembre dernier, la CEDEAO a durci sa position contre le Mali et la Guinée. Deux pays sous contrôle militaire auxquels elle a imposé à nouveau des sanctions individuelles avant d’appeler au strict respect des calendriers devant consacrer le retour à la démocratie.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) « a décidé de sanctionner tous ceux qui sont impliqués dans le retard » dans l’organisation des élections prévues pour le 27 février au Mali, a déclaré, à l’AFP, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, à l’issue d’un sommet du groupe des 15 dans la capitale ghanéenne, Accra. Il a déclaré que le Mali avait « officiellement écrit » au président ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui assure la présidence tournante de la CEDEAO, pour l’informer que le pays du Sahel ne pourrait pas organiser les élections comme prévu. « Toutes les autorités de transition sont concernées par les sanctions qui prendront effet immédiatement », a déclaré Brou, ajoutant que les interdictions de voyager et le gel des avoirs visaient également les membres de la famille. Dans une déclaration finale à l’issue du sommet de dimanche, la CEDEAO a déclaré qu’elle « déplore vivement le manque de progrès » vers la tenue d’élections au Mali. La situation a suscité des inquiétudes au niveau international, suscitant le déplacement d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU au Mali à la fin du mois dernier.

Exigence d’un calendrier détaillé des élections en Guinée

Contre la Guinée où les soldats ont pris le pouvoir le 5 septembre, la CEDEAO a maintenu la suspension du pays du bloc ainsi que les sanctions individuelles contre les membres de la junte et leurs familles. Elle a également réitéré sa demande de “libération inconditionnelle » du président Alpha Condé, assigné à résidence depuis son éviction. Dans la déclaration finale, l’organisme régional a salué l’adoption d’une « charte de transition », la nomination d’un Premier ministre civil et la formation d’un gouvernement de transition, faisant écho à Kassi Brou… Mais il a appelé les autorités à « soumettre d’urgence un calendrier détaillé  vers la tenue d’élections libres ». Le colonel Mamady Doumbouya qui a renversé le président Condé, après des mois de mécontentement contre son gouvernement, avait promis le retour à un régime civil après une période de transition d’une durée indéterminée.

Source: AFP

K.Fiakofi