La CEDEAO suspend le Mali de ses instances et exige un PM civil

Les chefs d’Etats de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis à Accra, au Ghana, ce dimanche 30 mai 2021, pour trancher la question du double putsch des militaires maliens, ont suspendu le Mali des instances de l’organisation et exigé la nomination rapide d’un Premier ministre civil.

Les dirigeants ouest-africains lors du sommet à Accra ce dimanche 30 mai 2021 (crédit photo, présidence du Faso)

Les dirigeants ouest-africains, réunis à Accra ce dimanche suite au nouveau coup de force des militaires maliens, ont pris plusieurs décisions sur le Mali pour une sortie de crise rapide mais n’ont pas adopté de mesures de fermeture des frontières ni de sanctions économiques. Cependant, le Mali est suspendue des instances de l’organisation sous régionale. Dans un communiqué à l’issue du sommet, les dix chefs d’États présents qui ont participé à la rencontre ont exigé la nomination d’un Premier ministre civil et la formation d’un nouveau gouvernement inclusif pour poursuivre le programme de transition au Mali. Pour l’organisation régionale, la période de transition de 18 mois décidée à Accra en 2020, doit être respectée et la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle doit être absolument maintenue.

Paris menace

Le président ghanéen Nana Addo-Akufo, président en exercice de la CEDEAO

Le président français Emmanuel Macron a de son côté averti, dans un entretien au Journal du dimanche, que Paris “ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition”. “Au président malien, Bah N’Daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les djihadistes, j’avais dit : «L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie !» Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerai”, a ainsi mis en garde Emmanuel Macron. Engagée militairement au Mali à travers la force Barkhane, la France menace de retirer ses hommes du territoire malien.

Le Colonel Assimi Goïta, présent au sommet, a été déclaré, vendredi dernier, président de la transition par la Cour constitutionnelle pour conduire jusqu’à bout la transition,  suite à la démission forcée du président Bah N’Daw et de son Premier ministre. La Cour constitutionnelle a légitimé un le pouvoir de Goîta alors que le Mali doit faire face à nouveau des sanctions prises par plusieurs organisations internationales suite au coup de force de la junte.

GHO Djakaridja