La Centrafrique présente ses excuses au Tchad après l’attaque d’un poste frontalier

La Centrafrique a condamné «fermement» l’attaque par son armée d’un poste frontalier en territoire tchadien qui a causé, dimanche 30 mai, la mort de six soldats tchadiens. (Image d’illustration) © AFP/FLORENT VERGNES

Deux jours après l’attaque d’un poste frontalier par l’armée centrafricaine, Bangui joue l’apaisement. Selon RFI, Une délégation conduite par la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo Temon, a été reçue, mardi 1er juin, à N’djamena par le président du Conseil militaire de transition et les deux pays ont convenu de la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour clarifier les circonstances de cette attaque.

La Centrafrique a condamné « fermement » l’attaque par son armée d’un poste frontalier en territoire tchadien qui a causé, dimanche 30 mai 2021, la mort de six soldats tchadiens, dont cinq « enlevés et exécutés ». Les deux parties « ont souligné l’urgence d’élucider les circonstances dans lesquelles cette attaque a été opérée », selon un communiqué conjoint. La délégation centrafricaine a été reçue aussitôt après son arrivée par le président du Conseil militaire de transition à qui elle a remis un message. Ensuite, les deux délégations composées des ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité ont eu une séance de travail, rapporte le correspondant de RFI à N’djamena.  

En plus des excuses présentées par la délégation centrafricaine, les deux pays « ont convenu de la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et impartiale » composée des Nations unies et des organisations régionales qui se déploiera sur le terrain pour établir les faits et déposer un rapport qui situera les responsabilités.  Selon des observateurs, Bangui, qui joue profil bas depuis l’attaque de dimanche, a réussi à faire tomber le thermomètre, surtout que N’djamena n’était même pas disposé à accueillir la délégation centrafricaine. Il a fallu la médiation de pays amis pour que le Tchad privilégie la voie diplomatique. Denis Sassou Nguesso, le président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale par exemple, avait appelé dans un communiqué “à la retenue et à l’apaisement, afin de conjurer, précisait le chef de l’Etat congolais, toute escalade aux conséquences dangereuses et retrouver un climat de confiance fraternelle”.

Oumou Konaté