La crise politique va crescendo en Tunisie

Des gens se sont rassemblés dans les rues de la capitale Tunis et d’autres villes pour exulter …

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a limogé, le lundi 26 juillet 2021, le ministre de la Défense, Ibrahim Bartagi et la porte-parole du gouvernement, Hasna Ben Slimane, également ministre de la Fonction publique et ministre de la Justice par intérim.  Les nouvelles destitutions s’ajoutent à celle du premier ministre, Hichem Mechichi, survenue le 25 juillet dans la soirée,  après une journée de manifestations dans de nombreuses villes de Tunisie, notamment contre la gestion de l’épidémie de coronavirus.

Après avoir suspendu les activités du Parlement et démis le Premier ministre de ses fonctions, le président tunisien Kaïs Saïed, a limogé plusieurs ministres. Dans la foulée, il a rencontré des membres de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), influente centrale syndicale, qui a estimé que les décisions prises par le président tunisien étaient “conformes” à la Constitution. Le président tunisien, également chef de l’armée, s’est aussi octroyé le pouvoir exécutif.

« J’ai pris mes responsabilités. Aujourd’hui, j’assume cette responsabilité historique et ceux qui prétendent qu’il s’agit d’un putsch n’ont qu’à réviser leurs cours de droit », a déclaré Kaïs Saïed, cité par africanews. Le message était adressé notamment à Ennahdha, le principal parti au Parlement, qui a fustigé les mesures prises par le président et dénoncé “un coup d’État contre la révolution et la Constitution”.

Le pays sur une nouvelle pente ?

En congédiant le gouvernement le dimanche 25 juillet 2021, le président, Kaïs Saïed, a gelé les travaux du Parlement, selon l’opinion. Cette annonce fait suite à des manifestations dans de nombreuses villes du pays. Les protestataires ont notamment réclamé la « dissolution du Parlement ». Kaïs Saïed a annoncé ces décisions, à l’issue d’une réunion d’urgence au Palais de Carthage, alors que la Tunisie fait face à un pic d’épidémie de Covid-19 et à une profonde crise politique, opposant le président au principal parti parlementaire Ennahdha.

Dans un communiqué publié, le 25 juillet dans la soirée, le chef de l’Etat a invoqué la Constitution de 2014, pour démettre de ses fonctions le Premier ministre, Hichem Mechichi et décréter le gel des activités parlementaires pour une durée de 30 jours, indiquant qu’il gouvernerait lui-même en se faisant épauler par un nouveau Premier ministre, selon la même source. Le lundi 26 juillet dans la matinée, l’armée tunisienne s’est déployée autour du palais gouvernemental à Tunis et a empêché les employés de pénétrer dans le bâtiment. Il s’agit du virage le plus délicat amorcé par la Tunisie, depuis la révolution de 2011, laquelle a provoqué le « Printemps arabe » et mis fin à des décennies d’autocratie pour faire place à des réformes démocratiques, sans toutefois déboucher sur une gouvernance satisfaisante et une prospérité économique.

          Oumou KONATE