La forêt marécageuse de Hlanzoun menace de disparaître

Dans le sud du Bénin, l’une des dernières forêts marécageuses d’eau douce est menacée. Abritant une flore et une faune incontournable, c’est l’une des seules de ce type dans le pays. Cette forêt, qui  n’est accessible que par canoë, abrite de nombreuses espèces remarquables.

Avec une superficie de 3 000 hectares, la forêt  marécageuse de Hlanzoun abrite plus de 241 espèces végétales et 160 espèces animales différentes. Il s’agit entre autres du singe à ventre rouge,  de la mangouste des marais et du sitatunga, une antilope des marais, rapporte Africanews. Il faut noter qu’au Bénin, 40 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Les habitants aux abords de la forêt ne sont pas épargnés, et vivent en partie grâce à elle. Des militants alertent sur sa potentielle disparition.

Mais les écologistes tirent la sonnette d’alarme. La biodiversité unique de cette forêt est menacée par le braconnage, l’agriculture et l’exploitation humaine, toujours plus importante.

Selon le directeur de l’ONG Nature Tropicale, Joséa Dossou Bodjènou, cité par le site d’information Africanews, « L’État doit rechercher les moyens pour pouvoir appuyer ces communautés pour que les communautés continuent à tirer profit de différentes manières ». « Si on les appuie pour faire l’agriculture, le maraîchage, le petit commerce… Si on les appuie surtout pour faire du tourisme dans cette forêt, si on les appuie pour aménager des espaces pour produire des essences à utiliser comme bois de chauffe, ces communautés vont préserver ces forêts,  » a-t-il expliqué. L’exploitation forestière reste la menace principale de ce poumon vert. Entre 2005 et 2015, la couverture forestière du Bénin a été réduite de plus de 20 % selon la Banque Mondiale et le taux de déforestation reste élevé, à 2,2 % par an.

Le gouvernement ne reconnaît pas officiellement la richesse de cette forêt, malgré les efforts d’associations et de scientifiques depuis une dizaine d’années. Selon la Banque Mondiale, il a commencé à s’intéresser à la sauvegarde des forêts en général, avec une politique forestière récemment mise à jour.

Oumou Konaté