La RD Congo prolonge « l’état de siège » dans une région de l’Est touchée par la violence

Les parlementaires de la République démocratique du Congo ont voté jeudi  03  juin  2021 pour prolonger la loi martiale dans l’est agité du pays pendant 15 jours, un mois après avoir remplacé les autorités civiles par des administrations militaires dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

La loi martiale a été prolongée de 15 jours alors que les attaques menées par les rebelles se poursuivent dans la région qui a connu une éruption volcanique le mois dernier

Les violences sont presque quotidiennes dans les régions orientales riches en minerais de la RDC depuis la fin officielle de la guerre civile en 2003, mais l’insécurité a grimpé en flèche au cours des deux dernières années. Pour mettre fin à l’effusion de sang,, le gouvernement a  depuis  le 6 mai l’état de siège. Les attaques violentes se sont poursuivies depuis, mais la ministre de la Justice Rose Mutombo a déclaré à l’AFP que de nombreux combattants de la milice s’étaient rendus et que l’armée avait pris le contrôle de nouvelles zones. « Il reste beaucoup à faire et la récente éruption volcanique du Nyiragongo, survenue en plein état de siège, a contraint le gouvernement à concentrer ses efforts pour faire face à cette catastrophe naturelle », a déclaré Mutombo.

L’état de siège était instauré en Ituri et au Nord-Kivu, deux provinces de l’Est de la République démocratique du Congo en proie à d’interminables violences

L’éruption du 22 mai a fait couler des rivières de lave dans la périphérie de la ville de Goma, tuant au moins 31 personnes et faisant 20 000 sans-abri, selon les chiffres des Nations Unies. L’état de siège n’a pas non plus empêché le meurtre  d’au moins 55 personnes par des combattants rebelles le 31 mai dernier, potentiellement la pire nuit de violence que la région ait connue depuis au moins quatre ans. Mercredi, 11 mineurs du territoire aurifère de Djugu, dans la province nord-est de l’Ituri, ont été tués par un groupe local appelé la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), a déclaré à l’AFP le maire du district de Mungwalu, Jean-Pierre Pikilisende. Pikilisende a précisé  que les combattants rebelles étaient venus pour prendre le contrôle de la région, dont l’or est extrait par de pauvres creuseurs artisanaux. Le Kivu Security Tracker (KST), une ONG respectée qui surveille la violence dans l’est de la RDC, a déclaré que 12 personnes avaient été exécutées.

K.Fiakofi