La romancière Djaïli Amadou Amal, la voix des femmes du Sahel

Née, dans la région camerounaise du Maroua (extrême-nord), d’une mère égyptienne et d’un père camerounais, Djaïli Amadou Amal est une combattante. Mariée à 17 ans à un quinquagénaire qu’elle ne connaissait pas, elle parvient, cinq ans plus tard et dans la difficulté, à divorcer. Dans son roman engagé, « Les Impatientes », elle s’inspire de sa propre expérience pour raconter le destin de ses héroïnes, confrontées au mariage forcé et aux violences conjugales.

Dans ce roman, elle donne la parole à trois femmes peules à qui l’on ne cesse d’assener «Munyal», patience en peul, pour leur faire accepter leur destin et sa violence induite, le mariage forcé et la polygamie.  Elle dit vouloir porter « la voix des femmes du Sahel ». «Je suis une femme africaine, je vis au Cameroun et donc j’ai décidé de parler de cette société du point de vue des femmes car on ne donne pas suffisamment la parole aux femmes et surtout pas dans le Sahel», insiste-t-elle.

Femmes du Sahel, le combat pour l’éducation des filles

La romancière s’emploie aussi à montrer à quel point les femmes, d’abord victimes, reproduisent de manière inconsciente ces violences, que ce soit dans le cadre de l’excision ou du mariage forcé où le rôle de la mère «dans la persuasion et le harcèlement» de la jeune fille est important, selon elle.

“Ces femmes n’agissent pas ainsi par méchanceté mais parce qu’elles n’ont connu que ce système qu’elles ont pour rôle de reproduire”, souligne la romancière pour qui il faut une «prise de conscience des femmes». Pour aider à cette prise de conscience, elle a créé dès 2012 l’association Femmes du Sahel. Une association qui œuvre en faveur de l’éducation des filles de la région. Si elle se dit «chanceuse d’être allée à l’école» et d’avoir pu faire un BTS, «la réalité est tout autre pour des milliers de petites filles du Sahel»,convient-elle..

Sources: lefigaro.fr; lci.fr

Roseline BADO