La sécheresse oblige les Malgaches à manger des feuilles, des criquets pour survivre

La disparition quasi totale des sources de nourriture a créé une «urgence nutritionnelle à part entière» dans le sud de Madagascar, prévient le Programme alimentaire mondial.

L’agence alimentaire de l’ONU a averti que la vie d’enfants dans le sud de Madagascar était en danger

Les habitants du sud de Madagascar ont été contraints  à manger des feuilles sauvages et des criquets pour éviter la famine après des sécheresses consécutives et des tempêtes de sable qui ont ruiné les récoltes, laissant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Amer Daoudi, directeur principal des opérations mondiales du PAM, a averti vendredi que la vie des enfants malgaches est en danger, en particulier ceux de moins de cinq ans dont les taux de malnutrition ont atteint des «niveaux alarmants». S’exprimant par vidéoconférence depuis la capitale de Madagascar, Antananarivo, Daoudi a déclaré lors d’un briefing de l’ONU à Genève qu’il avait visité des villages où «les gens ont dû recourir à des mesures de survie désespérées, telles que la consommation de criquets, de fruits de cactus rouges crus ou de feuilles sauvages».

Le PAM à Madagascar appuie le processus de développement d’un programme national d’Alimentation Scolaire du Gouvernement

Le PAM a déclaré que la récolte devrait être inférieure de près de 40 pour cent à la moyenne quinquennale. La malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans a presque doublé à 16 pour cent, passant de 9 pour cent en quatre mois à mars 2021 après cinq années consécutives de sécheresse, aggravée cette année par les tempêtes de sable et les pluies tardives. Un taux de 15 pour cent est considéré comme un niveau d’urgence et certains districts signalent que 27 pour cent  soit un enfant sur quatre de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë qui provoque l’émaciation. Au moins 1,35 million de personnes ont besoin d’une aide alimentaire dans la région, mais le PAM n’atteint que 750 000 avec des «demi-rations» en raison de contraintes financières, selon l(agence,  qui cherche 75 millions de dollars pour couvrir les besoins d’urgence jusqu’en septembre. «Nous avons besoin de ressources, hier; nous devons transformer les ressources en nourriture », a déclaré Shelley Thakral, porte-parole du PAM, à Al Jazeera. «Le monde souffre absolument du COVID, mais je pense que l’effet domino à Madagascar, où les tempêtes de sable ont complètement couvert la récolte, ils n’ont pas eu de pluies décentes depuis des années et cela aura un effet massif en 2021 sur les enfants, les mères et sur  les familles.”

K.Fiakofi