La Somalie rejette les propositions de l’UA visant à modifier le rôle de l’AMISOM

Le gouvernement somalien a rejeté les propositions visant à modifier les missions des forces de l’AMISOM pour un rôle élargi, occasionnant ainsi une nouvelle fracture avec les pays contributeurs de troupes à la mission de maintien de la paix sur son territoire, selon le journal Nation.

Dans une déclaration samedi, le porte-parole du gouvernement somalien Mohamed Moalimuu a déclaré que Mogadiscio avait rejeté dans son ensemble un rapport de l’Union africaine (UA) qui proposait quatre façons de modifier la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). « Le gouvernement somalien a tenu une réunion interministérielle pour discuter du rapport et a rejeté dès le départ les conclusions et recommandations du rapport et publiera une déclaration officielle », a-t-il déclaré. La décision de Mogadiscio signale un désaccord apparent avec les cinq contributeurs de troupes à l’Amisom – le Kenya, Djibouti, l’Éthiopie, le Burundi et l’Ouganda.
Plus tôt dans la semaine, une équipe technique d’experts des cinq pays a déclaré avoir accepté la proposition de transformer l’Amisom, qui était essentiellement une force de combat, en une force multidimensionnelle avec une formation hybride de l’UA et de l’ONU, qui travaillera sur la stabilisation totale de la Somalie, y compris la reconstruction sécuritaire, humanitaire et politique du pays.

Un retrait prématuré de l’Amisom serait préjudiciable pour la Somalie

Les experts techniques des pays fournisseurs de contingents de l’Amisom, ont observé que des menaces à la paix et à la sécurité en Somalie existaient toujours en raison de l’instabilité chronique dans ce pays.Une situation qui a été aggravée et nourrie par l’existence d’éléments terroristes en Somalie. Le panel indépendant de l’UA dirigé par l’officier militaire sud-africain, le général de division Xolani Mankayi, a proposé quatre options pour l’Amisom avant la fin de son mandat en décembre. Une option consistait à passer pleinement à une mission de stabilisation multidimensionnelle UA-ONU. La deuxième option proposée par l’équipe était de reconfigurer l’Amisom en un soutien de stabilisation multidimensionnel de l’UA pour la Somalie. Le troisième choix est que l’Amisom se transforme en une force régionale en attente, basée sur l’architecture de sécurité de l’UA. Et en l’absence de tout cela, l’équipe de l’UA a proposé que l’Amisom quitte complètement la Somalie, ce qui pourrait prendre jusqu’à six mois à partir de décembre. Toutefois, l’équipe de l’UA-IA estime qu’un retrait prématuré de l’Amisom entraînerait un renversement spectaculaire des progrès réalisés en Somalie au cours des 14 dernières années.

Pierre Oued.