L’armée de la RD Congo prend les commandes dans les régions en état de siège

La présidence de la République démocratique du Congo a ordonné lundi à des militaires et des policiers de prendre le contrôle des autorités civiles dans deux régions déclarées “état de siège”.

Le Président Félix Tshisekedi a appelé à l’unité pour restaurer la paix et la sécurité en RDC

Le Nord-Kivu et l’Ituri -deux provinces de l’est où opèrent des dizaines de groupes armés et où des civils ont été victimes d’horribles massacres ont été déclarés assiégés, vendredi d’après le  site Nation.Africa. En vertu de la constitution de la RDC, le président peut déclarer l’état de siège ou d’urgence «si des circonstances graves menacent immédiatement l’indépendance ou l’intégrité du territoire national, ou si elles interrompent le fonctionnement régulier des institutions». Dans un discours diffusé lundi à la télévision publique, le président Félix Tshisekedi a déclaré avoir entendu “les cris de détresse de notre population, et ressenti la douleur que souffrent nos mères, nos sœurs et nos filles dans ces provinces ravagées par la barbarie”. Son porte-parole Tharsice Kasongo Mwema a confirmé à l’AFP que les deux provinces seraient déclarées assiégées pendant 30 jours à compter du jeudi 6 mai. “Pour répondre à la situation pendant l’état de siège, les gouvernements provinciaux de l’Ituri et du Nord Kivu, et les entités de ces provinces, seront remplacés par des bureaux des forces armées de la RDC ou de la police nationale”, a-t-il dit.

Le gouvernement a pris l’engagement de mener une lutte acharnée contre l’insécurité qui sévit dans l’Est du pays.

“L’action des juridictions civiles sera remplacée par celle des juridictions militaires” jusqu’au “rétablissement de la paix”, a-t-il ajouté. L’annonce de l’état de siège a été saluée par le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Kasivita, qui a déclaré à Radio okapi avoir appelé à plusieurs reprises à une «mobilisation nationale» pour faire face aux attaques dans la région de Beni, dans la province. Cependant, certains observateurs ont exprimé leur inquiétude à l’idée de remplacer les autorités civiles par des autorités militaires, avertissant que cela pourrait conduire à des abus de pouvoir. Le Nord et le Sud-Kivu riches en minéraux, qui se trouvent le long des frontières orientales de la RDC avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, ont sombré dans la violence pendant les deux guerres du pays entre 1996 et 2003, et n’ont jamais retrouvé la stabilité. L’Ituri, plus au nord, est également secouée par la violence depuis fin 2017 après 15 ans de calme relatif. Le Kivu Security Tracker, un groupe de surveillance, estime que 122 groupes armés différents de différentes tailles sont actifs dans l’est de la RDC.

K.Fiakofi