L’armée éthiopienne recule face aux rebelles du Tigré

C’est un tournant majeur de la guerre qui oppose, depuis presque un an, les forces pro gouvernementales aux rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Sentant le vent tourner, ces derniers jours, les autorités de la capitale éthiopienne Addis-Abeba, ont appelé ce mardi 02 novembre 2021 la population à s’organiser et à se préparer à défendre ses quartiers alors que les combats font rage à quelques centaines de kilomètres au nord. Le gouvernement s’est résolu à déclarer l’état d’urgence dans tout le pays, indique le point. « L’état d’urgence vise à protéger les civils contre les atrocités commises par le groupe terroriste TPLF dans plusieurs régions du pays », a rapporté Fana Broadcasting Corporate cité par notre source, faisant référence aux rebelles du Front de libération du Tigré.

Opposition américaine

Selon VOA Afrique, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a réitéré son appel à « une cessation immédiate des hostilités et un accès humanitaire sans entrave afin de fournir une aide vitale urgente », selon son porte-parole, plaidant pour un dialogue national « inclusif ».

La même source affirme que le patron de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s’est « alarmé » de la déclaration d’état d’urgence, affirmant que cela « ne fera qu’entraîner le pays et ses citoyens plus loin dans la guerre civile et la désintégration ».

L’ambassade des États-Unis a diffusé un message conseillant à ses ressortissants de ne pas se rendre en Éthiopie et à « ceux qui sont actuellement en Éthiopie de se préparer à quitter le pays ». Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils privaient l’Ethiopie d’importants avantages commerciaux accordés dans le cadre de l’AGOA (Loi sur le développement et les opportunités africaines, ndlr), en raison de violations des droits humains dans le conflit.

L’Ethiopie s’est dite extrêmement déçue par cette décision qu’elle souhaitait voir « annulée ». Les douze mois de conflit ont été marqués par de nombreux récits d’exactions (massacres, viols…), notamment sur les civils et ont plongé le nord de l’Ethiopie dans une grave crise humanitaire, avec plusieurs centaines de milliers de personnes vivant dans des conditions proches de la famine, selon l’ONU.

Oumou Konaté