
Mi-septembre 2019, la presse burkinabè a fait cas d’une forte présence de l’armée française dans le camp de Djibo, localité située au nord du Burkina, alors que les autorités du pays avaient annoncé l’arrivée des renforts militaires dans cette ville. A travers une publication dans la “Lettre hebdomadaire de communication”, l’armée française donne plus de précisions sur sa collaboration avec les forces burkinabè.
L’armée burkinabè a envoyé des renforts militaires au camp de Djibo suite au retrait de la police que les responsables de la sécurité avaient qualifié de « repli tactique ». Mais, à l’occasion du sommet extraordinaire de la Cédéao, un détachement de la force Barkhane avait investi le camp avec un imposant armement, dans l’objectif de sécuriser le pays au moment du sommet. Dans la “Lettre hebdomadaire de communication”, une revue de l’armée de France, l’état-major des armées françaises explique que cet appui sollicité par les autorités burkinabè a consisté à mener une opération de renforcement du camp de Djibo du 13 au 16 septembre 2019. « Les soldats français ont immédiatement réalisé un renforcement du dispositif défensif du camp, conjointement avec leurs camarades burkinabè », a précisé un texte publié dans la revue. Selon l’armée française, cette opération conjointe a permis d’assurer « la défense d’un camp stratégique au côté du partenaire burkinabè dans un contexte sensible lié au sommet de la Cedeao, dédié à la lutte contre le terrorisme ».

La menace pèse toujours sur Djibo
Si la présence de Barkhane a rassuré un tant soit peu la population de Djibo, elle n’a pas du tout écarté le spectre des attaques terroristes sur cette ville et ses environs. La psychose demeure et les assaillants ne semblent pas avoir abandonné leur sombre dessein d’occuper cette importante ville de la région du Sahel. Selon des autorités locales, dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 septembre 2019, les groupes armés ont détruit par explosif le pont de Boukouma, situé à 18 km d’Arbinda. L’objectif des groupes armés est de couper Djibo du reste de la région du Sahel, puisque ce pont était un passage obligé entre Djibo et Dori, le chef-lieu de la région. Dans la soirée du jeudi 19 septembre dernier, l’école primaire et la préfecture de Baraboulé, à une trentaine de kilomètres de Djibo, ont été incendiées par des groupes armés. Mais pour le gouvernement, Djibo est toujours sous contrôle. « Djibo est aujourd’hui sécurisée et les forces spéciales sont toujours dans la province », a rassuré le ministre en charge de l’éducation lors d’un point de presse la semaine dernière.
Auguste Don de Dieu



















