Décédé, le vendredi 30 juillet 2021, des suites du Covid-19, Jacob Desvarieux était le cofondateur du groupe Kassav, monument aux Antilles, qui a connu un énorme succès dans les années 80 en mélangeant des musiques locales pour créer un style, le zouk. A l’annonce de son décès, des hommages ont fusé de partout, à travers le monde.
Né à Paris en novembre 1955, Jacob Desvarieux a grandi entre la Guadeloupe, la Martinique et le Sénégal. Très tôt, la musique va occuper une grande place dans sa vie. A l’âge de 16 ans, il devient arrangeur. Avec ses amis, Francis Cauletin, Philippe Drai, Christophe Zadire et Achille Ango à Marseille, il fonde un groupe de rock, The Bad Grass, puis, par la suite Sweet Bananas. De retour à Paris, à l’époque du disco, Jacob Desvarieux rencontre Pierre-Édouard Décimus, avec qui il fonde en 1979 le groupe antillais Kassav, qui l’amènera au sommet de sa popularité à la fin des années 80.
En 1987, il signe un contrat avec la multinationale du disque CBS, puis, sort l’album « Vini Pou ». L’album sera consacré disque de platine et recevra une Victoire de la musique en 1988. En 1999, il sort un album solo Euphrasine’s Blues. Puis en 2003, il réalise avec Passi (et sa formation Bisso Na Bisso) une chanson sur l’album Dis l’heure 2 zouk. Avec plus de 190 compositions personnelles, Jacob Desvarieux a travaillé avec bon nombre de musiciens. Gordon Henderson, Herman Fleret, Battery Cremil, Jean-Claude Adrassé, qui disent avoir été frappés par sa générosité, son talent et son perfectionnisme. À 66 ans, l’homme a définitivement rangé sa guitare dont désormais, seules les sonorités qu’il y a égrenées, continueront de chanter son éternité.
À l’annonce de son décès, un flot d’hommages d’anonymes et de proches du chanteur ont rapidement afflué des quatre coins du monde. “Jacob, grâce à ton art, tu as rapproché les Antilles à l’Afrique”, a écrit un anonyme à l’annonce de sa mort. »Les Français perdent aujourd’hui un artiste de talent et une voix connue de tous », a tweeté le ministre français des Outre-mer, Sébastien Lecornu.
« Monstre sacré du zouk, guitariste hors pair, voix emblématique des Antilles, Jacob Desvarieux était tout cela à la fois”, a souligné, Emmanuel Macron, dans son hommage au musicien guadeloupéen
« Ce soir, la Guadeloupe tout entière pleure l’un de ses plus grands ambassadeurs, dont l’immense talent, les valeurs, la bonté d’âme et l’amour viscéral de son pays le faisaient rayonner bien au-delà de la sphère artistique », a réagi le président du conseil départemental de Guadeloupe, Guy Losbar.
“Les Antilles, l’Afrique et la musique viennent de perdre l’un de leurs plus grands Ambassadeurs. Jacob, grâce à ton art, tu as rapproché les Antilles à l’Afrique. Dakar où tu as vécu te pleure. Adieu l’ami’’, a tweeté l’artiste Youssou Ndour.
“Jacob Desvarieux s’en est allé ! Mais il demeure vivant à travers les vibrations exquises, joyeuses et festives du groupe Kassav”, a écrit Michel Mboungou-Kiongo, ancien DG de Télé Congo.
Au Congo Brazzaville, cité qui a aussi vibré dans les années 80 et 90 au rythme du zouk du mythique groupe Kassav’ dont le principal animateur était Jacob Desvarieux, les clubs, bars dancings et autres espaces de détente, ont eux aussi rendu hommage à la star guadeloupéenne, en passant tous les tubes du groupe Kassav. « Il chantait en créole. On n’écoutait pas trop les paroles, mais la cadence nous faisait bien danser. Quand on entend Kassav’ c’est beaucoup plus Jacob Desvarieux et Jocelyne. En tout cas, il a beaucoup marqué ma jeunesse », raconte Glany Mokonzi.
“Il a réalisé ses œuvres avec sa voix qui sortait de l’ordinaire. C’est un grand monsieur. Sa mort est une grande perte pour la musique en général. Il a aidé pas mal d’artistes africains, tel que le Congolais Pierre Mountouari, parce qu’il était ingénieur du son à Safari ambiance”, a témoigné l’artiste congolais Zao, auteur de la célèbre chanson Ancien combattant, prix découverte RFI 1982.
Battery Cremil, artiste, originaire du Robert, hameau du Vert-pré, a, pour sa part, émis le souhait de voir le Groupe Kassav poursuivre la mission entamée par Jacob Desvarieux.
Sources: rfi.fr, lesechos-congobrazza.com, outremers360.com, la1ere.francetvinfo.fr
Roseline BADO



















