Le président burundais tance les juges pour corruption

Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, a lancé mardi 24 août dernier, une charge contre les juges du pays, les accusant de corruption flagrante qui entrave le développement de la nation, l’une des plus pauvres d’Afrique.

Ndayishimiye, qui a pris fonction en juin 2020, a fait de la lutte contre la corruption sa priorité, en sa qualité de président du Burundi, classé pendant des années, comme l’un des pays les plus corrompus au monde. »Partout où je vais, je reçois chaque jour plus de 1 000 plaintes contre la justice et je les trouve fondées », a-t-il déclaré à l’AFP. « D’autres personnes me disent que ce sont les juges qui sont derrière les tueries dans le pays… parce que les gens se font justice eux-mêmes… Les gens sont désespérés », a-t-il ajouté.

C’est une honte, ce qui se passe
L’un des pays les plus pauvres au monde, le Burundi, est classé parmi les 10 pays les plus corrompus au monde par Amnesty International, tandis que Transparency International le place à la 165ème place sur 180 pays. « Les investisseurs étrangers ne viennent plus au Burundi. Vous trouvez des stratagèmes pour leur voler leur argent. Ils n’ont nulle part où se plaindre. Vous vous réunissez pour les escroquer et en même temps vous dites que vous voulez le développement de notre pays », s’est lâché le président de la république. « Aucun développement n’est possible dans un pays où il n’y a pas de justice et il ne peut y avoir de paix », a-t-il poursuivi. Un juge présent à la réunion, Jérôme Mbonimpa, a déclaré qu’ils étaient « prêts à changer leur comportement » mais a appelé le président à mettre fin à ce qu’il a qualifié d’ingérence de hauts responsables politiques dans le système judiciaire. En mai, le président Ndayishimiye a limogé son ministre du Commerce pour « avoir compromis l’économie du pays », sur la base d’allégations selon lesquelles le ministre aurait détourné des fonds d’une compagnie aérienne publique aujourd’hui inexistante. Au moins trois hauts fonctionnaires du gouvernement ainsi que 119 comptables municipaux ont également été licenciés pour détournement présumé de fonds, cette année.
Source: ewn.co.za

K.Fiakofi