C’est une prouesse majeure que vient d’effectuer des scientifiques du Burkina et des chercheurs d’Oxford qui ont mis au point un nouveau vaccin efficace contre le paludisme à 77%. Cette découverte est une lueur d’espoir venue du Burkina Faso et qui pourra sauver toute l’Afrique.

Si cette découverte est approuvée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les prochaines années, le vaccin contre le paludisme devrait s’appeler le R21. Cette découverte majeure vient couronner des années de recherche. Car longtemps, ce Graal a semblé inaccessible. Ce n’était pas faute de chercher : au total, plus de 100 candidats vaccins ont été testés chez l’homme contre le Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la maladie. En vain, jusqu’ici. L’enjeu est de taille : en 2019, la maladie a touché 229 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et causé 409 000 décès, dont 94 % en Afrique et 67 % concernant des enfants de moins de 5 ans. A eux seuls, six pays d’Afrique assument plus de la moitié de cette mortalité : le Nigeria, la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie, le Mozambique, le Niger et le Burkina Faso. L’essai destiné à évaluer la sécurité de ce candidat vaccin nommé R21/MM, a été conduit chez 450 enfants âgés de 5 à 17 mois, dans le département de Nanoro à quelques encablures de la capitale Ouagadougou, une région très affectée par le paludisme saisonnier.
Essai prévu chez 4 800 enfants âgés de 5 à 36 mois dans quatre pays

Cela fait environ 13 ans que l’équipe de recherche de l’unité clinique de Nanoro, travaille sur la recherche de ce vaccin. RTSS, c’est le nom du premier candidat vaccin développé par ces chercheurs. Avec une efficacité de 39%, il est actuellement à la phase de déploiement pilote par l’OMS à travers l’Afrique. C’est à la suite de cela que les chercheurs burkinabè et leurs collègues de l’université d’Oxford ont réussi à modifier la protéine RTSS pour produire le R21 qui est aujourd’hui testé en phase II avec une efficacité de 77% sur 450 patients. L’investigateur principal du vaccin, Pr Halidou Tinto, directeur régional de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), accompagné de son équipe, a été reçu par le président du Faso, Roch Kaboré après cet exploit. « Nous envisageons d’initier le processus de phase III qui va conduire vers l’enregistrement de ce vaccin dans les trois années », a déclaré Pr Halidou Tinto à sa sortie d’audience. Pour le professeur Adrian Hill, de l’université d’Oxford qui a contribué aux recherches « aucun vaccin n’a jamais été approuvé contre une maladie parasitaire humaine”.
L’étape ultime qui est très attendue, celle d’un essai dit de phase III s’agira « d’évaluer l’efficacité et la sûreté de ce candidat vaccin sur un plus grand nombre d’enfants », selon Kristen Kelleher, de l’OMS. Cet essai est déjà prévu chez 4 800 enfants âgés de 5 à 36 mois dans quatre pays : Burkina Faso, Mali, Kenya et Tanzanie.
Pierre Oued.



















