Le scandale Pegasus envenime les relations entre le Maroc et l’Algérie

Quelques jours à peine, après une nouvelle poussée de tension entre les deux pays sur la question du Sahara occidental, Alger se dit « profondément préoccupé » par les révélations selon lesquelles des responsables algériens auraient été espionnés par le logiciel Pegasus.

Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, cité par Allafrica, Alger dénonce l’utilisation à grande échelle par le Maroc du logiciel israélien, Pegasus, contre « des citoyens et des responsables algériens » avec une pratique jugée « illégale, malvenue et dangereuse ». Le texte condamne vigoureusement cette atteinte systématique « inadmissible » aux libertés fondamentales et se réserve le droit de « mettre en œuvre sa stratégie de riposte », sans plus de précisions.
Le site lemonde.fr a rappelé que la relation était déjà tendue après le rappel de l’ambassadeur algérien à Rabat et la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. Le quotidien français Le Monde et le site d’information francophone Tout sur l’Algérie (TSA) ont affirmé que, selon une enquête du consortium Forbidden Stories et Amnesty International, des milliers de numéros de téléphone algériens, dont certains appartenant à de hauts responsables politiques et militaires, ont été recensés comme cibles potentielles du logiciel Pegasus, commercialisé par l’entreprise israélienne NSO en 2019. Ces révélations ont suscité une indignation générale en Algérie, notamment sur les réseaux sociaux.
L’intérêt des espions marocains s’est également porté sur les numéros de plusieurs membres du premier cercle du roi, et même sur un téléphone utilisé par Mohammed VI, ce que NSO a démenti, le mardi 20 juillet 2021, réfutant que le roi ait été surveillé ou ciblé pour surveillance par l’un de ses clients. Faute d’avoir eu accès à ces téléphones, Le Monde et Forbidden Stories n’ont pas pu déterminer si les appareils visés ont été infectés. Les données montrent néanmoins que les numéros de plusieurs personnes clés de l’entourage royal ont été entrés dans l’outil, excluant la possibilité qu’il s’agisse d’incidents isolés.

Fatimata COMPAORE