Le Zimbabwéen suspend l’activité minière chinoise dans la réserve faunique

L’activité minière chinoise suspendue dans la réserve faunique

Le Zimbabwé suspend l’exploitation minière des réserves naturelles du pays. La décision fait suite à un procès pour empêcher une société chinoise d’ouvrir une mine de charbon dans le plus grand parc protégé du pays.

Révélé en exclusivité par New Zimbabwe.com, et cité par Allafrica, les départements du gouvernement, impliqués dans l’octroi à la société chinoise Afrochine, d’une subvention minière spéciale controversée à l’intérieur du Mavuradona Game Park, ont ​​été convoqués pour une réunion de crise au cours de laquelle ils ont échangé des blâmes conduisant à la suspension des opérations de la société. Selon des sources proches de la réunion de crise, il a été convenu à l’unanimité que la société chinoise cesse immédiatement ses activités.

« Il a été établi que certains des mineurs avaient des papiers, mais ont enfreint les conditions fixées. Certains n’avaient aucun papier mais prétendaient avoir le pouvoir d’opérer dans la réserve tandis que d’autres avaient l’autorité de Guruve RDC, mais ont empiété sur Muzarabani », a ajouté la source.

Non respect de la loi d’exploitation minière

La suspension sera considérée comme une victoire par le chef Chiweshe qui, ce week-end, s’est mis sur le gril en tenant tête aux Chinois, longtemps considérés comme des faiseurs de roi dans le parti au pouvoir, Zanu PF, et la politique zimbabwéenne. Il fait partie des nombreuses personnes qui ont contesté l’exploration et l’extraction de chrome d’Afrochine au sein de la réserve faunique qui a été maintenue dans son état d’origine, depuis 1988.

Le chef Chiweshe a déclaré aux journalistes que les larges trous béants laissés par les Chinois n’étaient plus seulement un danger pour les animaux et l’environnement, mais aussi pour les humains. Il s’est dit préoccupé par le fait qu’ils ne respectaient ni les traditions locales ni les lois régissant l’exploitation minière, non seulement à Mavuradonha Wilderness, mais dans tout le pays. Il a aussi accusé des représentants du gouvernement d’avoir été soudoyés pour s’assurer qu’Afrochine obtienne l’approbation d’exploiter à Mavuradonha Wilderness.

Les représentants de la mine ont été invités à la réunion, mais leurs observations n’ont pas modifié le résultat. Pour illustrer l’ampleur de la dégradation environnementale, une autre société minière chinoise a laissé des centaines de blocs de granite blanc qu’elle a coupés d’une montagne et des cabanes d’employés utilisées comme abris, sans aucune tentative de réhabiliter le site. Suite à la destruction incroyable, près d’un tiers d’un terrain de football est inutilisé, et rien n’indique qu’on puisse l’utiliser pour quoi que ce soit.

Fatimata COMPAORE