Les entreprises zimbabwéennes s’inquiètent de la crise au Mozambique

Le ralentissement des affaires mondiales affecte également le niveau d’afflux d’investissements étrangers dans l’économie locale

Les industries zimbabwéennes ont averti qu’une insurrection meurtrière secouant le Mozambique voisin est devenue la plus grande menace pour les importations d’électricité et de carburant qui pourrait nuire davantage à l’économie fragile de Harare, indique le journal La Norme.

L’économie du Zimbabwe est tributaire de son voisin mozambicain. Mais voilà, l’insurrection liée aux djihadistes affiliés à l’EI risque de compromettre fortement la bonne marche de l’économie entre les deux frontières. Les industries zimbabwéennes s’approvisionnent principalement en carburant par l’oléoduc Beira-Feruka Harare, un actif de 504 km construit en 1964 avec une capacité de 130 millions de litres de carburant par mois selon le journal La Norme. En plus des expéditions de carburant via le vaste pays d’Afrique australe, le Zimbabwe importe une partie importante de ses besoins en électricité de la centrale mozambicaine Hidroelectrica de Cahora Bassa (HCB) pour augmenter les approvisionnements erratiques de ses centrales électriques en difficulté. Afin de contrer les effets néfastes de cette vague terroriste, l’Union européenne a établi une mission militaire pour aider à former les forces armées mozambicaines afin de donner à l’armée de nouvelles capacités pour résister à l’EI, la semaine dernière toujours selon la même source.

Déjà avec la pandémie qui a affaibli bon nombre de pays africains, la crise sécuritaire est venue aggraver la situation économique du Zimbabwe qui dépend du Mozambique sur certains aspects

Le Mozambique est la clé du Zimbabwe pour l’importation de pétrole

A Harare, le plus grand lobby commercial du pays, la Confédération des industries du Zimbabwe (CZI) a déclaré que les développements de la crise sécuritaire au Mozambique pourraient dégénérer en une crise régionale avec des implications sur la capacité des industries nationales à accéder aux marchés de Maputo. Dans son rapport de veille économique du deuxième trimestre publié la semaine dernière, le CZI a déclaré que « Le Mozambique est la clé du Zimbabwe pour l’importation de pétrole via les pipelines Beira vers Feruka et Msasa, et d’électricité. Le corridor est également important pour les exportations du Zimbabwe vers le Mozambique telles que le sucre, le thé et le café, le papier et les matériaux d’emballage et le bois », indique La Norme. Il faut dire que c’est la première fois que les industries parlent officiellement de la crise épuisante qui a vu les dirigeants régionaux tenir des réunions cruciales pour trouver une solution durable.

Pierre Oued.

Source : La Norme