L’Ethiopie nie le massacre d’Aksoum, contredisant des rapports indépendants

L’Ethiopie nie toujours tout massacre de civils à Aksoum au Tigré. Lundi 10 mai, le procureur adjoint, Fikadu Tsega a affirmé que la grande majorité des personnes tuées fin novembre à Aksoum étaient des combattants, et non des civils.

L’Ethiopie nie le massacre d’Aksoum, au Tigré

Les autorités éthiopiennes nient en bloc tout massacre perpétré à Aksoum au Tigré. Lors d’une conférence de presse tenue lundi, les autorités ont présenté leurs premières conclusions officielles, contredisant plusieurs rapports indépendants évoquant un massacre de centaines de personnes commis par des soldats érythréens. A en croire le procureur général adjoint Fikadu Tsega, les Érythréens ont tué 93 personnes dans d’ “intenses combats” contre des forces loyales au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirigeait jusqu’à récemment la région. “Il a été établi que la grande majorité de ceux tués lors dudit incident, bien qu’ils n’étaient pas en uniforme, étaient des membres des forces du TPLF qui combattaient les forces érythréennes. Ces forces du TPLF sont ensuite retournées dans la ville et ont attaqué les civils dans les rues. D’après notre enquête, 93 personnes ont été tuées au cours de ces combats” , a déclaré Fikadu Tsega, cité par Africanews. La présence de soldats Érythréens au Tigré a pourtant longtemps été niée par le gouvernement fédéral.

Contradiction avec des rapports indépendants

Amnesty International a accusé l’armée Érythréenne de crime de guerre au Tigré

Les conclusions des autorités éthiopiennes sur le massacre d’Aksoum prennent à rebours  les rapports de plusieurs ONG de défense des droits de l’homme dont  Amnesty International , Human Rights Watch et la Commission éthiopienne des Droits de l’Homme. Selon cette dernière instance, plus d’une centaine de civils non-armés ont été exécutés par des soldats venus d’Érythrée. “Les troupes érythréennes qui combattent dans l’État du Tigré en Éthiopie ont tué de manière systématique des centaines de civils non armés dans la ville d’Aksoum, située dans le nord du pays, les 28 et 29 novembre 2020, ouvrant le feu dans les rues et fouillant toutes les maisons, lors d’un massacre qui s’apparente à un crime contre l’humanité” a écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 26 février 2021.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre 2020 une opération militaire contre les autorités du Tigré , issues du TPLF, qu’il accuse d’avoir attaqué deux bases de l’armée fédérale dans la région. Il avait promis que les combats seraient brefs, mais ces derniers perdurent et de nombreuses voix se sont élevées pour alerter sur la situation humanitaire au Tigré.

Line Rose