L’Ethiopie refuse toute ingérence américaine dans la gestion du conflit au Tigré

Alors que la situation humanitaire au Tigré se dégrade, Addis Abeba répète que c’est à son pays qu’il revient de gérer la crise. Il refuse toute ingérence américaine dans la gestion de la crise au Tigré.

Une manifestation contre l’ingérence américaine en Ethiopie le 30 mai dernier

Le fossé s’élargit entre les Etats-Unis et l’Ethiopie, sur fond de la crise au Tigré. Et pour cause, des sanctions américaines contre Addis-Abeba, 7 mois après le début de l’offensive lancée au Tigré. Les américains dénoncent la situation humanitaire dégradante au Tigré et accusent les autorités éthiopiennes de violation des droits de l’homme . Toute chose que Addis Abeba ne digère pas. En effet, le gouvernement éthiopien refuse toute ingérence étrangère dans la crise au Tigré. “La situation humanitaire est fondamentalement l’affaire de l’Éthiopie. C’est l’Éthiopie qui doit s’occuper de ses affaires intérieures et ce qu’on attend des autres, c’est qu’ils soutiennent l’Éthiopie afin qu’elle puisse faire face à la situation”, a affirmé Dina Mufti, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, selon  Africanews.

5,2 millions de personnes en détresse

La situation humanitaire reste précaire au Tigré

Les sanctions adoptées par Washington  visent des officiels éthiopiens et érythréens, critiqués pour leur rôle dans la crise au Tigré. Une décision qui n’était pas nécessaire pour le ministère des Affaires étrangères éthiopien. “L’Éthiopie chérit sa relation avec les États-Unis et estime que les sanctions ne sont pas nécessaires pour que les États-Unis fassent passer leur message dans le pays. Surtout en cette période particulière où les Éthiopiens s’apprêtent à exercer leur droit démocratique en se rendant aux urnes,” a déclaré Dina Mufti. La situation humanitaire reste critique au Nord de l’Ethiopie. Selon le Programme mondiale pour l’alimentation, 5,2 millions de personnes, soit 91% de la population du Tigré serait en besoin d’une aide alimentaire d’urgence. L’accès des personnels et convois humanitaires reste très limité, ce qui fait cruellement défaut à la population, dont une grande partie se trouve dans des zones rurales, selon plusieurs ONG. La responsabilité des autorités éthiopiennes de faciliter l’accès et le travail des organisations humanitaires pour ainsi permettre aux populations civiles du Tigré de bénéficier d’une assistance vitale est pointée du doigt.

Line Rose