Halima Aden, née le 19 septembre 1997 dans un camp de réfugiés au Kenya, est un mannequin somali-américain. Elle est connue pour être la première Somali-Américaine à participer au concours de Miss Minnesota USA, en gardant ses cheveux sous un voile. Elle se dit fière de représenter les femmes musulmanes dans la mode. Elle veut bousculer les idées reçues sur ces femmes musulmanes, combattre l’islamophobie, et transmettre un message de tolérance. Quatre ans après avoir atteint une notoriété internationale, elle tourne le dos au mannequinat, invoquant des raisons religieuses.
Halima Aden a commencé sa carrière de mannequin à l’âge de 19 ans. Elle la termine à 23 ans en déclarant que la pandémie lui a donné le temps de s’arrêter et de réfléchir à ses valeurs en tant que femme musulmane. En 2016, alors qu’elle est toujours étudiante à l’université d’Etat de Saint Cloud, elle participe au concours de beauté Miss Minnesota USA, devenant la première concurrente à porter un burkini et un hijab dans ce concours. Les organisateurs du concours et le public sont impressionnés par son audace. Elle termine demi-finaliste et décide de suspendre ses études pour se consacrer au mannequinat. Elle retient l’attention de Carine Roitfeld, ancienne rédactrice en chef de Vogue France, lors du défilé, qui l’a choisie pour faire la couverture de sa revue CR Fashion Book, ainsi que par l’agence de mannequins IMG Models qui compte dans ses rangs Liv Tyler, Gigi Hadid ou encore Gisele Bündchen. Elle la recrute, la présente aux marques, à l’instar de Yeezy, le label de Kanye West pour qui elle défile. Très vite, la jeune femme fait la couverture de nombreux magazines dont le Vogue britannique et accède au statut de personnalité de la mode avec le surnom de «premier mannequin voilé au monde».
“Je me reproche d’avoir été naïve et rebelle”
Après quatre ans à arpenter les podiums et les studios photo, Halima Aden décide de raccrocher. Dans un post publié sur Instagram, elle a expliqué à ses quelque 1,3 million d’abonnés qu’en travaillant dans la mode, elle s’est sentie «forcée de compromettre ses croyances».
À travers plusieurs photos postées dans sa story Instagram, Halima Aden retrace sa carrière de mannequin. Des clichés qui expriment selon elle des moments où elle ne s’est pas sentie elle-même. «Je ne peux que me reprocher d’avoir porté plus d’importance aux opportunités qu’à ce qui était réellement en jeu. Je me reproche d’avoir été naïve et rebelle», écrit Halima Aden. Avant de préciser qu’elle n’acceptera plus jamais un job qui lui demandera de changer le style de son hidjab «seulement pour mettre en avant un collier». Par ailleurs, elle fait l’éloge de Rihanna, la remerciant de l’avoir laissé porter son propre hidjab lors d’une campagne Fenty Beauty.
Elle pointe un manque de diversité dans l’industrie du mannequinat
Halima Aden pointe également le manque de représentations et de diversité dans la mode. Et expose ses regrets. À l’image d’une campagne de mode pour une chaîne de vêtements américaine dans laquelle elle a accepté de remplacer son foulard par un jean qui lui a été drapé sur le crâne : «Pourquoi leur ai-je permis de mettre des jeans sur ma tête alors qu’à l’époque je n’avais jamais porté que des jupes et des robes longues ?». En février 2020, Halima Aden expliquait au Guardian que le hijab fait partie de son identité, et a été stipulé comme non-négociable dans son contrat IMG Models. À cette période, elle explique également ne pas toujours savoir à quoi s’attendre avec la mode, ni comprendre cette industrie qui l’a choisie pour séduire la clientèle musulmane. «J’avais trop peur de parler», explique-t-elle. Et de poursuivre : «C’est très courant lorsque vous êtes le premier à faire quelque chose».
Aden dit qu’en quittant l’industrie, elle espère avoir inspiré des mannequins plus jeunes. « Si j’ai fait quelque chose, j’ai donné aux mannequins l’occasion de s’exprimer », dit-elle. « J’ai ressenti une grande pression en étant le premier mannequin musulman à porter le hijab de l’industrie et j’ai ressenti un sentiment de responsabilité envers les filles qui me suivaient. »
Sources : The Guardian
Madame Lefigaro
Wikipédia
Lucien DAKISSAGA (Stagiaire)



















