L’ONU plaide en faveur d’une justice réparatrice des séquelles de l’esclavage

Lundi 12 juillet, devant le Conseil des droits de l’homme, à Génève, l’ONU s’est prononcée en faveur d’une « justice réparatrice » dans le débat épineux portant sur les séquelles de l’esclavage et du colonialisme. Quant aux pays africains, ils ont présenté une résolution pour créer un groupe d’experts sur le racisme et les violences policières.

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a plaidé pour une justice réparatrice des séquelles de l’esclavage, devant le Conseil des droits de l’homme

Dans sa communication devant le Conseil des droits de l’homme (CDH), la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a plaidé pour une justice réparatrice des séquelles de l’esclavage. Elle a demandé la mise en place d’un mécanisme, assorti d’un calendrier, pour faire progresser la justice et l’égalité raciales. A cet effet, les pays africains ont présenté lundi 12 juillet  un projet de résolution sur la protection des droits et des libertés fondamentales des personnes d’ascendance africaine face aux violences policières.

Le texte en question propose la création d’un mécanisme d’experts indépendants qui pourraient se concentrer plus clairement sur le problème du racisme systémique au sein des forces de l’ordre et du système de justice pénale, a expliqué un représentant camerounais, Côme Awoumou, au nom des pays africains, selon Africanews.

Absence de responsabilités des Etats dans la pratique de l’esclavage

A en croire la responsable onusienne, derrière le racisme systémique et la violence raciale d’aujourd’hui se cache l’absence de reconnaissance formelle des responsabilités des Etats et des autres acteurs qui ont participé ou profité de l’esclavage, de la traite transatlantique des esclaves africains et du colonialisme ainsi que de ceux qui continuent à profiter de cet héritage. Elle a également dénoncé la répression des manifestations contre le racisme dans certains pays. Face à toutes ses “injustices”, Michelle Bachelet a préconisé de s’attaquer aux séquelles de l’esclavage, de la traite transatlantique des esclaves, du colonialisme et des politiques et systèmes successifs de discrimination raciale, et de rechercher une justice réparatrice.

Établir la vérité sur ces héritages

« Pour guérir nos sociétés et rendre justice aux crimes terribles, il est essentiel d’établir la vérité sur ces héritages et leur impact aujourd’hui, et de prendre des mesures pour remédier à ces préjudices grâce à un large éventail de mesures de réparation », a conclu Michelle Bachelet .

Le représentant américain, Ben Moeling semble partager cet avis. “Avec humilité et introspection, nous affirmons que l’inégalité raciale est un défi auquel sont confrontés tous les Etats, y compris les Etats-Unis, mais qu’ensemble, nous pouvons le surmonter », a-t-il affirmé devant le CDH, selon Africanews.

L’appel de la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet  intervient alors qu’aux États-Unis la question de « la théorie critique de la race » fait débat. Ce terme définit un courant de pensée apparu dans les facultés de droit américaines à la fin des années 1970 pour analyser le racisme comme un système, avec ses lois et ses logiques de pouvoir, plutôt qu’au niveau des préjugés individuels.

Pour Michelle Bachelet, pour guérir nos sociétés et rendre justice aux crimes terribles, il est essentiel d’établir la vérité sur ces héritages et leur impact aujourd’hui

Line Rose