Madagascar est le premier pays à subir la famine à cause du réchauffement climatique, selon l’ONU

La famine sur la grande île fait des ravages, contraignant des habitants à manger des criquets, des feuilles de cactus et même de la boue, a alerté vendredi un responsable de l’ONU, soulignant qu’il s’agit du premier pays au monde à expérimenter la faim due à la crise du réchauffement de la planète.

Le sud de la grande île qui est le plus touché par cette insécurité alimentaire dû au changement climatique

La sécheresse a eu raison de ce territoire au milieu de l’océan indien à tel enseigne que le patron de l’UNHCR, David Beasley, qui s’est récemment rendu sur place a déclaré à l’AFP que « cela ressemblait à ce que vous voyez dans un film d’horreur ». Vendredi, la directrice régionale du PAM pour le sud de l’Afrique, Lola Castro, qui a accompagné David Beasley dans son voyage, a évoqué une « situation très dramatique », lors d’un entretien par vidéo avec des journalistes à New York. « Nous avons des gens au bord de la famine et il n’y a pas de conflit. Il y a juste le changement climatique avec ses pires effets qui les affecte gravement », a-t-elle souligné, selon VOA, jugeant une « action rapide plus que nécessaire » de la communauté internationale. « Ces gens n’ont contribué en rien au changement climatique et ils en prennent l’entier fardeau à l’heure actuelle », s’est-elle indignée.

La moitié de la population du sud du pays, soit 1,5 million de personnes, a actuellement besoin d’une aide alimentaire d’urgence, selon le PAM. Ce qui nécessiterait 31 millions d’euros à débloquer d’urgence.

14.000 personnes particulièrement à risque

La famine resserre son emprise dans le sud de Madagascar et chaque jour met en péril de nouvelles vies: plus d’un million de Malgaches ont faim et parmi eux 14.000 sont particulièrement à risque, a mis en garde l’ONU, la semaine dernière. La région traverse la pire sécheresse depuis une quarantaine d’années et près de 14.000 personnes ont atteint le niveau « catastrophe », soit la phase la plus élevée sur une échelle de cinq étapes d’insécurité alimentaire mise en place en 2016, affirment les agences. « Si des mesures urgentes ne sont pas prises maintenant », le nombre dans cette catégorie critique va « doubler au cours de la prochaine période de soudure », alerte l’ONU.
Et les enfants en bas âge, dans ce type de situation, sont toujours les premières victimes. « Des enfants sont affamés, des enfants meurent. J’ai rencontré une mère avec un enfant de huit mois qui semblait n’en avoir que deux. Elle avait déjà perdu son aîné », décrit le directeur des opérations du PAM, Amer Daoudi, qui revient d’une des zones les plus touchées, Sihanamaro. Les agences humanitaires peinent aussi à sensibiliser sur la tragédie, alors que les fonds manquent pour apporter suffisamment d’aide.

Pierre Oued.