Mali: Inquiétude du médiateur de la CEDEAO sur la durée de la transition

Le médiateur de la Cédéao pour le Mali a quitté Bamako mardi après deux jours de consultations avec les autorités de transition relançant les craintes sur la durée de la transition. Goodluck Jonathan a exprimé sa « préoccupation » sur « l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral », selon RFI.
Goodluck Jonathan repart de Bamako avec des appréhensions sur la volonté des autorités de respecter leurs engagements sur la durée de la transition, censée prendre fin avec les scrutins présidentiels et législatifs, théoriquement prévus en février 2022. Selon RFI, les différentes rencontres du médiateur de la CEDEAO avec les autorités de transition maliennes ont renforcé son assentiment quant au respect du délai de la transition. En effet, le Premier ministre Choguel Maïga n’a pas réitéré les engagements jusqu’ici affichés sur la durée de la Transition, mais a expliqué que « les détails sur le chronogramme des opérations électorales » seraient « fournis par les futures Assises Nationales ». Ce qui laisse croire que ces élections ne se tiendront pas aux dates prévues. Dans un communiqué, la présidence a assuré que « des voix s’élèvent de plus en plus, partout dans le pays, pour réclamer la prolongation de la Transition » en raison de « la persistance de certains défis majeurs » comme « la lutte contre l’insécurité, l’impunité et la corruption ».

L’allongement de la période de transition

La classe politique, elle, soupçonne les autorités en place d’avoir une intention voilée : celles de vouloir rester au pouvoir pendant longtemps. Les acteurs politiques voient plutôt la tenue des Assises nationales, présentées par le Premier ministre comme un vaste cadre de dialogue censé préparer les réformes politiques et institutionnelles à venir, comme une stratégie pour valider ce projet. Selon RFI, le politicien Housseini Amion Guindo dénonce une « conclusion connue d’avance : l’allongement de la Transition ». Toujours selon la même source, de nombreux autres partis ont exprimé leurs réticences sur la tenue de ces Assises, jugées « inopportunes » et « coûteuses », sans encore annoncer clairement s’ils y participeraient ou non. Avec toutes ces péripéties qui s’annoncent, il est clair que Goodluck Jonathan repart dubitatif et peu convaincu quant au respect de la durée de la transition et à l’organisation d’une élection transparente pour un retour démocratique au Mali.

Pierre Oued.