Mali: La junte militaire reprend les rênes de la transition après la mise à l’écart des autorités civiles

Le président de la transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane démis de leur fonction par le vice-président Assimi Goita

Le mardi 25 mai 2021, dans un communiqué, le Commandant Baba Cissé, conseiller spécial du vice-président Assimi Goïta a annoncé la démission du président de la transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane. À en croire le vice-président de la transition, la décision a été prise pour préserver la charte de la transition et défendre la République.

C’est un nouvel épisode dans la crise que traverse le Mali depuis la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta en août dernier. A la commande, encore les militaires du fameux camp de Kati. Lundi 24 mai, le président de la transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane ont été emmenés de force,  dans ledit camp militaire quelques heures après un remaniement ministériel où des putschistes avaient été limogés. Aux dernières nouvelles, on apprends que ces deux autorités de la transition ont été limogés de leur fonction par le vice-président de la transition, Assimi Goïta, qui est aussi le chef de la junte militaire.

Communiqué du vice-président de la transition

Le vice-président de la transition Assimi Goita reproche au président et au Premier ministre d’enfreindre à la charte de la transition

A en croire le communiqué du vice-président de la transition lu à la télévision nationale malienne, il est reproché au président de la transition et à son Premier ministre d’avoir enfreint à la charte de la transition. Assimi Goïta a reproché au président Bah Ndaw et au Premier ministre Moctar Ouane d’avoir formé un nouveau gouvernement sans se concerter au préalable avec lui, bien qu’il soit en charge de la défense et de la sécurité. Dans le nouveau gouvernement, les colonels Sadio Camara et Modibo Kone, deux poids lourds de la junte ont été enlevés.  Les militaires ont également dénoncé l’incapacité du gouvernement Ouane à gérer la crise sociale qui prévaut dans le pays. C’est donc fort de ces faits que le vice-président a déclaré qu’il  s’était vu “dans l’obligation d’agir” et de “placer hors de leurs prérogatives le président et le Premier ministre ainsi que toutes les personnes impliquées dans la situation” afin de préserver la charte de la transition et défendre la République.

Condamnation par la communauté internationale

L’ONU, les principales  organisations africaines, la France, les États-Unis et d’autres pays ont condamné lundi la “tentative de coup de force” en cours au Mali et rejeté par avance tout fait accompli, y compris une éventuelle démission forcée des dirigeants de la transition arrêtés par des militaires. Dans un tweet, le 25 mai, le président Emmanuel Macron a dénoncé “Un coup d’Etat dans un coup d’Etat”, ce qui est inacceptable pour lui. Une réunion d’urgence du conseil de sécurité de l’ONU a été convoquée par la France.

Par ailleurs, le vice-président de la transition Assimi Goïta a  précisz que le processus de Transition suit son cours normal et que les élections prévues se tiendront courant 2022.

Line Rose