Mali : Les spécialistes des droits doutent de la désignation de l’imam Mahmoud Dicko comme, « champion des droits de l’Homme »

L’imam Mahmoud Dicko est désigné par l’organisation mondiale des droits de l’Homme comme “la plus grande personnalité en Afrique de l’Ouest”, selon ses partisans. Il recevra sa distinction, le 30 mars prochain à Bamako. Après l’annonce de cette désignation, plusieurs spécialistes des droits fondent un doute quant à sa véracité surtout émanant d’une « organisation sérieuse ».

L’imam Mahmoud Dicko est désigné comme “champion des droits de l’Homme” selon son porte-parole

Les partisans de l’imam Mahmoud Dicko ont réuni le 23 mars 2021, plusieurs hommes de presse pour disent-ils porter à leur connaissance la désignation du leader religieux par l’organisation mondiale des droits de l’Homme, comme “champion des droits de l’Homme”, selon les termes du porte-parole de l’imam, Amadou N’Dounga. C’était en présence des membres de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS), et plusieurs associations. En effet, à la demande du secrétariat exécutif de l’organisation mondiale des droits de l’Homme, une enquête menée par des experts régionaux dans 16 pays ouest-africains ont abouti à cette désignation de la personnalité qui s’est distinguée dans le domaine social, politique et sécuritaire, explique le porte-parole de l’imam. La remise officielle de “cette distinction honorifique aura lieu le 30 mars prochain à Bamako, sous la présidence du colonel Malick Diaw, président du Conseil national de la transition” annonce Amadou N’Dounga.

Les spécialistes des droits de l’Homme estiment que cette désignation émane d’une organisation peu sérieuse, car l’imam ne saurait remplir les conditions pour bénéficier d’un tel honneur

Une distinction “douteuse”

De l’avis de personnes avisées, la véracité d’une telle distinction n’est pas avérée, car l’Organisation qui décerne le prix n’est nullement précisée par le porte-parole de l’imam. Pour d’autres spécialistes des droits de l’Homme, “ceux qui ont eu l’idée de mêler l’imam aux questions de droits de l’Homme ne lui rendent pas service”. Pour preuve, la conception des droits de l’Homme prend en compte “les droits des femmes, l’égalité entre hommes et femmes en droits et en devoirs, les libertés des orientations sexuelles donc de l’Homosexualité et des transgenres,…”, explique un spécialiste. Pour ce dernier, si une Organisation sérieuse des droits de l’Homme décernait un quelconque prix à l’imam, cela signifie que l’imam Dicko épouserait ces principes. Alors que “l’imam a toujours été en première ligne s’agissant du code de la famille ou encore de l’enseignement de l’homosexualité à l’école… ».

Aristide SOME