Mali : L’Instabilité décime le patrimoine culturel du pays

Le Mali est un pays riche en patrimoine et en artefacts culturels. Des figurines en terre cuite et en bronze, des perles anciennes, des manuscrits médiévaux et d’autres objets archéologiques de Djenné, Mopti et des régions avoisinantes du centre du Mali, etc. constituent ce patrimoine culturel. Cependant, l’insécurité ambiante marquée par les attaques terroristes fait perdre au Mali son lustre d’antan.
Selon All Africa, les archéologues ont estimé que 90 % des sites au Mali ont été pillés, et que le commerce illégal d’objets est monnaie courante. « La valeur subjective de l’art fait qu’il est difficile de dire combien tout cela vaut », explique Julia Stanyard, analyste à la Global Initiative Against Transnational Organized Crime. Le crime organisé, le terrorisme et la criminalité internationale constituent une trinité impie d’infractions commises au Mali. Le commerce illégal d’objets d’art s’inscrit dans un contexte d’insécurité grave dans la région et au Mali même. Depuis le début du conflit dans le pays en 2012, les routes de contrebande privilégient les espaces non gouvernés, les marchandises y compris les artefacts culturels pillés transitant par le Maroc et l’Algérie vers l’Europe et au-delà.
Notre source ajoute qu’en juillet 2020, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a mis en garde les amateurs d’art des pays du marché contre une escroquerie à la fausse certification impliquant le commerce illégal d’antiquités africaines. Cette fraude d’un million d’euros impliquait la vente d’artefacts dont les terres cuites de Djenné avec de faux certificats qui semblaient être autorisés par l’UNESCO.
Un trafic illicite entretenu par les réseaux de criminalité et les groupes extrémistes violents
A en croire All Africa, cette escroquerie témoigne d’une forme organisée de pillage et de commerce de biens culturels. Mais malgré les pertes constantes et catastrophiques pour le patrimoine culturel collectif du peuple malien, peu d’informations existent sur ce commerce illicite. Il existe une collaboration croissante entre les réseaux de criminalité organisée et les groupes extrémistes violents au Mali. Les uns et les autres tirent parti de leurs tactiques et opérations respectives, ainsi que du conflit, ce qui accroît l’insécurité et les possibilités d’activités criminelles dans la région.
L’Etat malien ne contrôle plus les sites touristiques
Toujours selon All Africa la direction nationale du patrimoine culturel et la police sont légalement mandatées pour protéger les sites archéologiques, mais l’insécurité et les capacités limitées ont paralysé leur travail. Il est presque impossible pour les fonctionnaires d’accéder aux sites, et le manque de financement pour sensibiliser les communautés locales compromet leurs mandats de protection. Il serait également presque impossible d’arrêter les commerçants illégaux d’objets culturels au Mali sans tenir compte d’autres crimes complexes.
Fatimata COMPAORÉ