Dans la province de Delgado, au nord du Mozambique, les populations civiles sont dans la stupeur deux mois après l’assaut meurtrier des Islamistes . La situation reste stationnaire avec des milliers de déplacés , la menace étant toujours présente et la situation sécuritaire ne s’étant guère améliorée.
Entre courir, marcher et se cacher dans les forêts, les deux mois ont été infernaux pour ces milliers de familles qui ont fui leurs maisons. Suites aux attaques des islamistes , plusieurs centaines de personnes ont été transportées par avion par des agences humanitaires ou transportées par des navires de sociétés privées. Mais la plupart ont été laissés à eux-mêmes à Quitunda, un village sûr près de l’usine à gaz fortement gardée. Les déplacés arrivant à Pemba parlent de nombreuses personnes qui souhaitent quitter Quitunda, selon l’AFP. Les agences d’aide ont confié à l’AFP qu’il y a environ 20 000 personnes là-bas. Presque tous les jours, de petits bateaux de personnes arrivent à Pemba en provenance du district de Palma.
Conditions difficiles
Sumail Mussa, 50 ans, a tripoté son téléphone portable en essayant d’appeler des proches qu’il espérait pouvoir emmener avec sa femme et son enfant, mais il n’a plus de crédit. « La vie est mauvaise là-bas, alors nous sommes partis », a déclaré à Nation Africa, Mussa. Lorsque l’insurrection a commencé, les militants n’utilisaient que des machettes, mais le gouvernement « n’a pris aucune mesure pour y mettre fin », a déclaré Daniel Chilongo, paysan de 55 ans, quelques jours après son arrivée à Pemba. Le dernier épisode de violence dans le district de Palma a déplacé près de 57 000 personnes au cours des huit dernières semaines, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Au cours du week-end, le président Filipe Nyusi a déclaré à la presse locale que les insurgés avaient tenté vendredi soir en vain d’attaquer le village d’Olumbe, dans le district de Palma. Les dirigeants régionaux de l’Afrique australe doivent se rencontrer plus tard cette semaine pour discuter de la manière de lutter contre la violence alors que les spéculations selon lesquelles ils feront pression pour le déploiement de 3 000 soldats. De vastes étendues du nord du Mozambique ont été au cours des trois dernières années la cible d’attaques djihadistes qui ont tué plus de 2 800 personnes et déraciné environ 700 000 civils de leurs maisons, selon l’ONU.
K.Fiakofi





















