Production pétrolière : Le Nigeria signe un accord de partage de production avec des multinationales pétrolières

Le Nigeria a signé mardi 25 mai, un accord de partage de production avec des multinationales pétrolières qui opèrent dans le pays. L’information a été relatée par RFI. Un accord qui ouvre la voie à des investissements qui pourraient atteindre plus de 10 milliards de dollars.

“Plus de 10 milliards de dollars d’investissements vont pouvoir être engagés grâce à ce développement” a indiqué la NNPC

L’accord signé porte sur le champ off-shore Bonga (OML 118). Il est l’aboutissement de deux ans de bras de fer entre la Nigeria National Petroleum Commission (NNPC), la Compagnie nigériane qui gère le secteur des hydrocarbures et les principales compagnies pétrolières étrangères comme Shell, Exxon Mobil, Total et Eni. Fin novembre, le Nigeria a adopté une nouvelle législation pour imposer un meilleur partage des ressources avec les sociétés  internationales. Cette mesure, qualifiée de “moment décisif” par le chef de l’État Muhammadu Buhari, cité par notre source, devait entre autres, imposer une taxe forfaitaire de 10% sur les champs en mer et de 7,5% sur les champs onshore (contre 5% auparavant) dans un contexte de baisse des investissements.

L’extraction dans des bassins offshore, notamment en eaux profondes, est toutefois extrêmement coûteuse et les majors avaient ainsi exigé une renégociation de leurs conditions financières, pour lancer la seconde phase de développement de Bonga.

“Cet accord marque un tournant important dans l’exploitation des opérations offshore au Nigeria”, a indiqué la NNPC, sur Twitter, selon l’AFP, cité par Connaissance des Énergies, tout en se félicitant que  “plus de 10 milliards de dollars d’investissements vont pouvoir être engagés grâce à ce développement”.

La production pourrait passer de 150 000 barils par jour à 225 000 barils jour

Le bloc OML 118, à 120 km des côtes nigérianes, abrite le champ Bonga qui a actuellement une production de 150 000 barils par jour, et pourrait passer à 225 000 barils jour. Mele Kyari, à la tête de la NNPC, cité toujours par notre source,  a déclaré dans un discours qu’il se réjouissait que cet accord montre “une opportunité pour les investisseurs de voir que le pays leur est ouvert”.

Le Nigeria, gangréné par une corruption massive et une très forte insécurité, traverse actuellement une crise de confiance avec les investisseurs étrangers dans un contexte de ralentissement de son économie. Cette corruption massive est parfois à l’origine de procès qui visent des personnalités localement, mais aussi les grandes compagnies pétrolières, dans des tribunaux étrangers.

Le Nigeria n’attire qu’une petite part des investissements pétroliers et gaziers en Afrique alors qu’il est le premier producteur d’or noir sur le continent et que beaucoup de ses réserves restent à exploiter. Pour répondre à ces défis, et maximiser les revenus pétroliers de ce pays membre de l’OPEP, le gouvernement nigérian travaille depuis une quinzaine d’années sur une nouvelle loi pour encadrer le secteur, sans qu’elle n’ait jamais été votée.

Leylatou TIENDREBEOGO