PROMOTION DE LA CULTURE ET DES SAVOIRS ENDOGÈNES, GENESIS EN FAIT SA RAISON D’ETRE

Le 22 mai dernier à Ouagadougou a eu lieu la cérémonie baptismale de GENESIS, Groupe d’Experts pour la Normalisation Endogène des Symboles, Initiatives et Savoirs. Pour ce groupe constitué de certaines sommités du monde de la culture, des savoirs et la science, la diversité  des savoirs et des expressions culturelles constitue les fondements de la civilisation de l’universel.

Le Secrétaire exécutif de GENESIS, Dramane Konaté, présentant le logo de GENESIS aux participants à la cérémonie baptismale

Les valeurs de référence endogènes et les savoirs locaux ne riment pas avec arriérisme ou pratiques rétrogrades, selon le manifeste du groupe GENESIS qui se présente comme une réponse à la valorisation et à la promotion de la culture, des langues et des savoirs endogènes, en rapport avec les enjeux de la mondialisation et les grands défis du développement. GENESIS est aussi et surtout un cadre de réflexion et de recherche action, avec d’éminents hommes et femmes de culture et des savoirs, en vue d’impulser le développement tous azimuts par la pensée et l’action endogène, d’après son manifeste. Les membres de GENESIS sont résolus à diffuser et à promouvoir les savoirs et savoir-faire endogènes dans la complémentarité et l’interdisciplinarité avec les sciences modernes, cela dans la mesure où l’expertise endogène et la recherche indépendante sont importantes dans le processus de développement, selon eux. Melégué Traoré, vice-président de GENESIS, a indiqué qu’aussi longtemps que les Africains continueront à se référer aux Occidentaux, ils ne vont pas se développer. “On est dedans depuis 70 ans et on ne s’en sort pas, si on pouvait se développer on se serait développé”, a-t-il confié.  Il faut se lever, dit-il, et croire à notre capacité à agir nous-mêmes et mettre l’accent sur les savoirs endogènes, autrement dit, les savoirs de terrain ou les savoirs du terroir qui sont historiquement parlant, les savoirs d’ici, selon ses mots. Le groupe formé d’anciens ministres, d’hommes et femmes du monde des savoirs ou de la recherche  diffère des autres groupes qu’on a connus jusque-là et c’est cela sa particularité, à entendre Mélégué Traoré qui a invité tous les intellectuels à venir se joindre aux initiateurs de GENESIS, pourvu qu’ils adhèrent à sa démarche.

La réconciliation nationale dans les cordes de GENESIS

Selon Mélégué Traoré, Vice-président de GENESIS, le développement passe par la valorisation des savoirs endogènes

Le groupe, de l’aveu de Mélégué Traoré, fera des recherches dans les bibliothèques et sur le terrain en allant auprès des communautés. Même si cela n’est pas un objectif initial pour GENESIS, a indiqué son vice-président, il entend contribuer énormément à la réconciliation nationale et c’est grâce à ce genre de groupe que  les Burkinabè s’agrègent malgré leurs différences, selon lui. Une agrégation qui doit être de nature progressiste pour nous faire avancer, a-t-il conclu. Le Secrétaire exécutif du GENESIS, Dramane Konaté, en expliquant les 4 branches du logo de GENESIS symbolisé par un baobab, a indiqué qu’il sera question de travailler essentiellement sur la valorisation des arts et des lettres à un niveau endogène ou local, les sciences des sociétés, l’économie des savoirs locaux et notre enracinement par rapport à l’Egypte ancienne. Il a annoncé le lancement de deux grands projets du GENESIS les jours à venir, à savoir le Fonds local culturel, FOLC, pour tracer les monographies ethnoculturelles et l’Encyclopédie du Faso.

Photo de famille après la cérémonie

Lonsani SANOGO

ENCADRÉ  

Les instances de GENESIS

Le Conseil des maîtres de la sagesse et le Collège des maîtres  des savoirs constituent les instances de GENESIS

Le Conseil des maîtres de la sagesse

Il compte cinq membres désignés par l’Assemblée générale, sur proposition du Secrétariat exécutif. Il est présidé par une personne de haut rang et d’expérience en matière de culture et de savoirs endogènes. Le titre de “Maître de la sagesse” est équivalent au grade de professeur de recherche et des universités. Le Conseil fait des suggestions et formule des recommandations  qui seront portées à la connaissance de l’Assemblée générale.

Le Collège des savoirs endogènes

Le Collège des maîtres des savoirs est le symbole d’un baobab à quatre branches qui renvoient aux différents domaines tels que définis dans les statuts.

Hakilifa : Maître des arts et des lettres

Bangda : Maître des savoirs locaux

Andal-Finatawa : Dépositaires des traditions des Sociétés

Maat : Genre et savoirs

Le Collège est présenté par le maîtrele plus expérimenté choisi parmi ses pairs. Il se réunit tous les quatre mois pour instruire les articles de recherche et les réflexions d’experts qui seront publiés dans la revue Endo-Cultures. Les membres du Collège portent chacun l’épithète de “Maître des savoirs endogènes”.

Le suivi et la coordination des activités de GENESIS sont assurés par un secrétariat exécutif de quatre membres et ce secrétariat porte le titre de “Maître de l’intelligence endogène”