RD Congo : Pourquoi la démarche des candidats recalés à la course présidentielle a peu de chance d’aboutir ?


C’est dans 4 mois maintenant que les élections auront lieu en RDC où Joseph Kabila est toujours au pouvoir, malgré l’expiration de son mandat en 2016. La semaine dernière la commission électorale nationale indépendante a recalé 6 candidats déclarés à la Présidentielle dont Jean Pierre Bemba, qui a effectué récemment son retour au pays après avoir acquitté de crime de guerre par la CPI. Les personnes recallées ont introduit un recours le mardi dernier à Kinshasa pour obtenir l’annulation du rejet de dossier par la commission électorale. Auront-ils gain de cause auprès d’une Cour qu’eux-mêmes accusent de rouler avec le pouvoir ?

Six prétendants à la course présidentielle en RDC ont été recalés par la commission électorale la semaine dernière à Kinshasa. Pour eux, il y’a une volonté claire de la CENI de les écarté à l’élection présidentielle de décembre prochains. L’opposition a accusé la commission électorale d’obéir aux injections du Président Joseph Kabila et de ses alliés pour éliminer ces candidats. Passé cette décision de la CENI d’invalider 6 des 25 dossiers de candidats à la présidentielle, l’heure est au recours devant la Cour constitutionnelle et Jean Pierre Bemba, leader du Mouvement de libération du Congo (MLC), a décidé de passer à l’offensive. D’après Jacques Joly, inspecteur général du MLC, Jean Pierre Bemba a décidé de déposer son recours devant la Cour constitutionnelle, pour dit-il montrer son indépendance et sa capacité de se soustraire des contingences politiques. La candidature de Jean Pierre Bemba à la présidentielle du 23 décembre 2018 a été déclarée irrecevable par la CENI, conséquence de sa condamnation à 1 an de prison par la CPI pour subornation de témoins. Outres Jean Pierre Bemba, les 5 autres candidats dont l’ex premier ministre Samyr Badibanga, recalé pour défaut de nationalité, tout comme Marie Josey Ifoko, une ex vice-gouverneur du pays entre autres, ont aussi décidé de saisir la Cour constitutionnelle. Cependant, ces recalés auront ils la chance d’avoir gain de cause auprès d’une Cour qu’ils accusent de rouler avec le pouvoir ? Pas évident. Cette démarche des candidats recalés à la course présidentielle a peu de chance d’aboutir et cela pour plusieurs raisons. En effet, deux membres importants de la Cour constitutionnelle ont récemment été nommés par Joseph Kabila dont un est très proche du Chef de l’Etat. Aussi, si les candidatures ont été recallées, il n’est pas évident que la Cour constitutionnelle revienne sur la décision de la CENI. De plus, parmi les recalés, figure Jean Pierre Bemba, qui est vu comme l’un des favoris de la présidentielle du 23 décembre prochain. En effet, Joseph Kabila a voulu faire baisser la pression internationale qui pesait sur lui en ne se représentant pas à la présidentielle, puis en acceptant dans un premier temps le retour d’un opposant comme Jean Pierre Bemba. Maintenant que la tension est retournée, on a l’impression que Joseph Kabila veut à tout prix que son camp gagne la présidentielle. C’est vrai que Jean Pierre Bemba est l’un des rares candidats qui avait la capacité de rassembler l’opposition. Il a beaucoup de charisme, alors que le dauphin principal de Joseph Kabila est quelqu’un de peu connu des congolais, donc il est évident que Joseph Kabila veut à tout prix faire gagner son camp présidentiel. C’est vrai que Jean Pierre Bemba a démontré avec un retour triomphal en RDC sa capacité de mobilisation et le camp présidentielle a certainement eu un peu peur de ce candidat. Ce qui est sûr, c’est que les prochaines semaines en RDC seront assez agitées, parce que la cour constitutionnelle doit déterminer la liste définitive des candidats le 19 septembre prochain et peut-être qu’on s’achemine vers des périodes troublées en République démocratique du Congo. Plusieurs mouvements de la société civile et de l’Eglise Catholique ont déjà pensé à la mobilisation pour le 3 septembre, mais aussi pour l’après 19 septembre, puis qu’à cette date, on connaitre réellement les candidats subtils de concourir. On pourrait aussi s’attendre à des mobilisations populaires importantes donc à des potentiels troubles en République démocratique du Congo.

 Alfred Sié KAM/Rédaction QNA