RDC : « Le clan Kabila a détourné au moins 138 millions de dollars de fonds publics »

« Le Soir » et ses partenaires ont publié dès ce vendredi l’enquête « Congo Hold-up ». La face cachée de la kleptocratie congolaise : corruption, détournements, clientélisme… Avec le concours de la banque BGFI, l’ex-régime de Joseph Kabila a détourné quelque 138 millions de dollars en six ans.

Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo de 2001 à 2018, et sa famille ont détourné près de 138 millions de dollars des caisses de l’État congolais entre 2013 et 2018, selon les résultats d’une enquête menée par un réseau européen d’investigation journalistique (European Investigative Collaborations) rassemblant 18 médias internationaux. Selon une enquête publiée par Bloomberg en 2018, le clan présidentiel possède 120 permis miniers et plus de 70 entreprises d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars. Cet argent vient, en grande partie, de la corruption et du détournement massif de fonds publics. C’est ce que révèlent à partir de 19 novembre,  Le Soir et ses partenaires du projet Congo Hold-up grâce à la plus grande fuite de données jamais survenue en Afrique. Sur base de plus de 3,5 millions de documents (relevés bancaires, courriels, contrats, factures et dossiers d’entreprise, etc.) issus de la banque gabonaise BGFI et obtenus par Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), les journalistes ont mis au jour un schéma de corruption à grande échelle.

70 % des Congolais survivent avec moins de 2 dollars par jour

Grâce à la filiale congolaise de la BGFI, dirigée par le frère adoptif du président, Francis Selemani, et via une société boîte aux lettres, Sud Oil, Joseph Kabila et sa famille « ont pu se livrer à un véritable pillage des caisses de l’État », accusent les journalistes. En plus de pots-de-vin, Sud Oil a perçu « une sorte de ‘Taxe Kabila » » auprès de plusieurs institutions et entreprises publiques congolaises comme, entre autres, la Banque centrale, l’entreprise minière nationale Gecamines et le Fonds national d’entretien routier. La paye de 925 casques bleus congolais opérant en Centrafrique a même été détournée par le clan Kabila via la BGFI.

Joseph Kabila coule désormais des jours heureux dans sa ferme privée de Kingakati, à 50 kilomètres de la capitale Kinshasa. Tandis que plus de 70 % des Congolais survivent avec moins de 2 dollars par jour, Joseph Kabila et sa famille ont accumulé une fortune colossale au cours de ces années de pouvoir sans partage.

source : lesoir.be; rtbf.be

Pierre Oued.