Le mardi 1er juin 2021, le ministre burkinabé chargé de la réconciliation nationale, Zéphirin Diabré, s’est entretenu avec les Hommes de médias. Le ministre a saisi l’occasion pour dérouler la feuille de route de cette réconciliation dont il a la charge. Les journalistes sont aussi revenus sur un certain nombre de questions en lien avec son département, préoccupations auxquelles Zéphirin a tenté d’apporter des précisions.

le processus de la réconciliation en cours
Nul besoin de rappeler qu’actuellement au pays des Hommes intègres, la réconciliation nationale est un sujet qui divise l’opinion faisant ainsi l’objet de débats passionnés. Elle est d’un grand intérêt national en témoigne la création récente d’un ministère chargé de cette question. Depuis sa nomination à la tête de ce département ministériel, Zéphirin Diabré a mené des audiences auprès de la quasi-totalité des couches sociales du pays et a tenu donc à faire une halte afin de dresser un bilan à mi-parcours. A l’entame de cette entrevue avec la presse, le ministre a rappelé la vision du gouvernement en matière de réconciliation. Et selon lui, six catégories de réconciliation ont été répertoriées parmi lesquelles se trouvent celles socio-politique, communautaire, sécuritaire, économique et financière, administrative et celle civique. C’est au regard de tous ces besoins que, toujours selon lui, une feuille de route pour y aboutir a été adoptée en conseil de ministres le 21 avril dernier. Les journalistes ont eu droit à une présentation globale et générale de cette démarche qui, aux dires du ministre, sera principalement axée sur les mises en place d’instruments d’orientation, de supervision et conseil de pilotage, de gestion, de concertation et de plaidoyer. Au titre des instruments d’orientation, figure le Conseil National de l’Orientation et de Suivi (CNOS). Cette structure à entendre le ministre, qui sera présidée par le premier ministre, est un «organe consultatif qui est chargé de superviser l’ensemble de la démarche puis de donner son avis sur tous les sujets qui lui seront soumis». Dans ce volet, outre le CNOS, il y a le comité des experts et le comité de rédaction. La mise en œuvre de tous ces instruments de l’avis du ministre permettra d’associer toutes les composantes de la Nation au débat national. Deux anciens chefs d’Etat du pays vont siéger au sein du CNOS mais aucun nom n’a pour le moment filtré. Ces outils paraissent pléthoriques et peuvent être sources de mésententes; mais M.Diabré rassure que l’opinion ne sera témoin d’aucun couac. Une telle mobilisation des ressources humaines peut aussi rimer avec une forte disponibilité des ressources financières. A ce niveau, Zéphirin Diabré prévient en ces termes «nous n’avons pas les moyens financiers pour donner à qui que ce soit pour qu’il se fasse le chantre de la réconciliation». Interrogé sur sa récente visite à l’ex président Blaise Compaoré lors de son dernier voyage en terre ivoirienne, le ministre s’est voulu clair “une bonne fois pour toute”. Il a déclaré en substance qu’il était aux bords de la lagune Ebrié principalement pour «porter au président ivoirien, la vision du gouvernement burkinabè sur la réconciliation» au Faso. A l’en croire, c’est suite à cette entrevue que la partie ivoirienne lui a proposé le tête à tête avec l’ancien président Compaoré.«C’est donc le gouvernement ivoirien qui a suggéré et organisé ma rencontre avec Blaise Compaoré» s’est-il justifié.

accordé à la problématique de la réconciliation au Faso
A propos d’un probable retour des exilés politiques, l’orateur principal du jour les encourage à revenir et rassure ces derniers que leur sécurité sera garantie. Cependant Zéphirin Diabré de relativiser que si toutefois, certains parmi eux traînent des casseroles, ceux-ci iront répondre devant le juge. «Il est hors de question et d’ailleurs il n’est même pas possible que le gouvernement interfère dans un dossier de justice en cours», soutient-il. Pour conclure, le ministre Diabré a appelé les uns et les autres à «ne pas devancer l’iguane dans l’eau» et à s’impliquer activement dans ce processus de réconciliation car un éventuel échec n’est pas celui du seul ministre mais de toute la nation burkinabè entière. Rendez-vous a été pris pour le forum sur la réconciliation, prévu se tenir dans les prochains mois.
Abdoul Karim TAPSOBA



















